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Contraception : la pilule séduit de moins en moins les 20-29 ans

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Plaquettes de pilules contraceptives

Même si elle reste le mode de contraception le plus utilisé par les femmes, en particulier chez les moins de 25 ans, la pilule contraceptive est de plus en plus critiquée. Certaines jeunes femmes y renoncent, ou au moins, y pensent.

Huit femmes sur dix ont déjà pris la pilule au cours de leur vie selon l'Ifop. Il s'agit souvent de l'un des premiers modes de contraception prescrit à l’entrée dans la sexualité. 

La pilule fait débat

Longtemps symbole de liberté sexuelle, la pilule n’a aujourd’hui plus autant la côte et son utilisation recule : 36,5% des femmes prennent actuellement la pilule, contre 40,5 % en 2013 et 45 % en 2010 d'après le dernier Baromètre de Santé publique France. Ce recul touche particulièrement les femmes de 20 à 29 ans.

Le DIU, pour dispositif intra-utérin (plus souvent appelé stérilet), rencontre un succès grandissant (+36,9%) tandis que le préservatif connaît lui aussi une forte hausse (+43,5%) y compris chez les couples stables. Par ailleurs, 5% des femmes reviennent aux méthodes dites naturelles (abstinence périodique, retrait...). "Les méthodes naturelles sont moins fiables et les risques de grossesse plus élevés " alerte toutefois Françoise Guerras, conseillère conjugale et familiale au centre de planification Horizons dans le 11e arrondissement à Paris. 

Un sondage de l’Ifop publié le 26 septembre 2018 à l'occasion de la journée mondiale de la contraception montre tout le paradoxe auquel les femmes sont confrontées : si la pilule reste "un contraceptif très satisfaisant et très répandu" trois quarts des femmes interrogées s'accordent à dire que "la prise de pilule n’est pas sans danger et peut provoquer de graves problèmes de santé".  

Faut-il avoir peur de la pilule ?

"Depuis le scandale des risques de thrombose liés aux pilules de 3e et 4e génération, on remarque une crainte des hormones. Les femmes que nous recevons sont aussi de plus en plus soucieuses des effets secondaires engendrés par la pilule" remarque Françoise Guerras, conseillère conjugale et familiale.

Même constat sur le web où les témoignages sur les réseaux sociaux se multiplient. Toujours selon le sondage de l'Ifop réalisé auprès d'un millier de femmes, les débats autours des effets secondaires de la pilule pousseraient près de quatre femmes sur dix prenant la pilule actuellement à l'arrêter.

Le Dr.Aurore Daoudal, du centre de planification de Quimper (29) met en garde : "on lit et on entend beaucoup de choses dans les médias ou sur Internet, méfiez-vous des témoignages anxiogènes qui sont parfois des cas extrêmes, presque des cas d'école souligne-t-elle. "Rien ne vaut une discussion avec son médecin" préconise-t-elle. 

"Les femmes sont tout à fait en droit de se poser des questions sur le cachet qu’elles avalent chaque jour mais il ne faut pas diaboliser la pilule non plustempère Françoise Guerras du centre de planification familiale Horizons du 11e arrondissement de Paris.

"Comme tout médicament la pilule a des contre-indications mais si elles sont respectées il n'y a pas de raisons d''avoir peur. La pilule est un mode de contraception qui convient à beaucoup de femmes" explique Dr. Aurore Daoudal, médecin au centre de planification de Quimper (29). 

Comment choisir sa contraception ?

Préservatif, patch, DIU, pilule, anneau vaginal... En matière de contraception, les méthodes se sont diversifiées au fil des années et il existe désormais une dizaine de choix possibles.

Informez-vous auprès de votre médecin, des avantages, contraintes, taux de fiabilité mais aussi des effets secondaires de chaque mode de contraception. Ainsi, vous pourrez choisir, de façon éclairée la méthode qui vous convient le mieux. 

"Il est intéressant de connaître le fonctionnement de l'appareil génital féminin et des cycles menstruels cela vous aidera à comprendre précisément comment agissent les différentes contraceptions" recommande également Françoise Guerras du centre de planification Horizons Paris 11e.

Dernier conseil, optez pour un professionnel de santé avec qui vous vous sentez à l’aise et écoutée. N'hésitez pas à lui faire part de vos inquiétudes, vos questions sont tout à fait légitimes. C'est votre corps, votre choix !

Lire aussi notre dossier sur les centres de planning familial : des lieux où parler sexualité et contraception.

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Actu créée le 26-09-2018 / mise à jour le 27-09-2018

Crédit photo : Simone Von der Koelen/ Unsplash