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Les BU ouvertes soir et dimanche... des jobs en perspective pour les étudiants

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A l'université Lyon I, la bibliothèque de La Doua reste ouverte le dimanche.

De 3 à 5 bibliothèques universitaires parisiennes devraient rester ouvertes le dimanche à partir de 2019. La tendance en France est à l’extension des heures d’ouvertures des bibliothèques universitaires. L’occasion de réviser au calme plus longtemps pour les uns ou de trouver un emploi étudiant pour les autres. 

De longues files d’attente devant la « B.U. », peu d’espaces pour faire une pause ou réviser en groupe… voilà de quoi refréner les intentions, même celles des étudiants les plus motivés. Afin de leur permettre de profiter plus longtemps d’espaces où étudier sereinement, ce qui correspond à une forte demande de leur part, les bibliothèques universitaires devraient étendre leurs horaires d'ouverture. Objectif: les rendre accessible plus tard le soir, et plus longtemps le week-end. 

Des B.U. parisiennes bientôt ouvertes le dimanche 

Première ville concernée : Paris. Dans la capitale, qui ne compte qu’une seule place de bibliothèque pour 16 étudiants, entre 3 et 5 bibliothèques universitaires de Paris intra-muros devraient ouvrir leurs portes le dimanche à partir de 2019. Leur liste doit être dévoilée en juillet par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche qui les choisira parmi les établissements candidats. La bibliothèque Sainte-Barbe dans le Ve arrondissement s’est déjà mise sur les rangs.

 

 

L'équipe de la bibliothèque Sainte-Barbe (BSB) est motivée pour vous accueillir le dimanche ! 😊 #Workinprogress
Retrouvez le projet d'ouverture du dimanche au JT de @France2tv (21ème minute) ➡️ https://t.co/BDxaIFLeIN#étudiants #BU #Paris #NoctamBU+ pic.twitter.com/MWCi8HsA8u

— Bibliothèque Sainte-Barbe (BSB) (@BIUSainteBarbe) 29 mai 2018


Ailleurs en Île-de-France, le projet de campus Condorcet dédié aux Sciences Humaines, prévoit même une ouverture 24h/24h et 7j/7j.


Sans aller jusque-là, quelques "BU" ont déjà commencé à étendre leurs horaires dans le reste de la France. Plusieurs plans gouvernementaux les y ont incité. En 2016 par exemple, l’un d’entre eux donnait par exemple pour objectif que, d’ici 2019, chaque grande université compte au moins une bibliothèque ouvrant les soirs de la semaine jusqu’à 22h00. 

15 bibliothèques ouvrent le dimanche en France

Si le mouvement s’amorce, il reste encore limité. Ainsi, pour l’instant, seules 15 BU sont ouvertes le dimanche en France. Quant aux nocturnes, elles concernent la moitié des établissements (pour une ouverture après 19h00 au moins une fois par semaine). 

Or, la demande semble forte. Les bibliothèques, fréquentées par plus de la moitié des étudiants, selon une enquête menée en Ile-de-France en 2016, sont privilégiées à d'autres lieux pour travailler au calme. Surtout par celles et ceux qui vivent en colocation ou dans des logements familiaux parfois bruyants, ou qui veulent fuir les sources de distraction. 

Employer les étudiants

Remis en février 2018, un rapport dirigé par l’écrivain et académicien Erik Orsenna préconise aussi l’ouverture dominicale et nocturnes de ces lieux d’études que sont les bibliothèques. Pour ce faire, il conseille entre autres d’employer les étudiants eux-mêmes. Il est d’ailleurs prévu de recourir aux contractuels-étudiants (autrefois appelés moniteurs) pour épauler le personnel titulaire dans les BU parisiennes appelées à ouvrir le dimanche en 2019. 


 Pour quelques heures par semaine, ce job payé sur la base du SMIC permet d’acquérir une expérience professionnelle à l’intérieur même du campus. « On peut étudier à côté et même pendant nos heures de travail à la bibliothèque, à condition bien sûr de ne pas avoir le nez dans nos livres et d’être toujours disponibles pour répondre au public », explique Emilie, étudiante en biologie et salariée à la bibliothèque de sciences de La Doua l’université Lyon I. 

Deux jours de formation

Orientation des étudiants, gestion des prêts et des retours, aide à la recherche, surveillance, rangement des livres… les tâches confiées aux étudiants se révèlent relativement simples, estime l’étudiante. Généralement les personnes recrutées reçoivent une formation de deux jours, concernant la sécurité d’une part, et concernant les outils informatiques utilisés par le personnel de la bibliothèque d’une autre. 

Le dimanche, les étudiants employés à la bibliothèque sont plutôt chargés de surveiller les salles de lecture, en compagnie des agents de sécurité. « Lorsque les titulaires sont absents, nous ne touchons pas aux bases de données », précise Emilie. 

Forte affluence le dimanche

Loin d’être un jour calme, le dimanche semble être plébiscité par le public. A tel point que des filtrages ont même dû être mis en place à Lyon, où les lieux sont habituellement accessibles à tout type de public, et pas seulement universitaire. « Depuis quelques temps, nous constatons un afflux de lycéens parmi les visiteurs, en particulier pendant les révisions du bac et quand les centres de documentation et d'information des lycées sont fermés », indique Lydie Ducolomb, responsable des Services aux publics à la Bibliothèque de Sciences de l’Université Claude Bernard.  

Afin de donner la priorité aux étudiants, les filtrages seront étendus pendant trois semaines en juin, précise-t-elle. Eux aussi viennent en nombre, pour des travaux en groupe, de plus en plus souvent exigés, ou bien pour réviser tranquillement.  «Si l’on écoutait les étudiants, on ouvrirait 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 ! », s’exclame-t-elle. 

De nouveaux postes à la rentrée

 En pleine phase de recrutements, l’université Lyon I prévoit 57 à 58 postes de contractuels étudiants pour ses bibliothèques à la rentrée 2018, soit cinq de plus que l’année précédente. Certains pourront venir d’autres établissements de l’agglomération, ce qui permet notamment de compenser les absences lors des jours d’examen. Une réforme récente permet d’ailleurs aux étudiants de cumuler des contrats auprès de plusieurs universités. 

Dans la plupart des cas, les critères de recrutement précisent qu’il faut au être au moins inscrit en troisième année de licence, ce qui sous-entend que l’étudiant.e connaîtra les lieux ou sera suffisamment autonome et mature pour en conseiller d’autres.  

Susciter des vocations

« L’avantage d’employer des étudiants, c’est que cela permet une grande souplesse sur le volume d’heures. Sans eux, nous aurions du mal à tenir nos horaires », remarque de son côté Myriam Marcil, directrice du service commun de la documentation à l’université de Poitiers. Là, pas d'ouverture dominicale au programme, mais des portes qui ferment plus tard le soir. Au total, 24 contractuels-étudiants seront recrutés pour l’année 2018-2019. « Pour les étudiants, surtout les primo-arrivants, c’est souvent plus rassurant de s’adresser à des jeunes qui ont à peu près leur âge », précise la responsable. Il arrive même que l’expérience suscite des vocations. A Poitiers, un ancien moniteur a ainsi opté pour la carrière de bibliothécaire professionnel. 

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Contractuel étudiant, un emploi encadré

L’encadrement juridique de ces contrats (article L. 811-2 du code de l’éducation), prévoit notamment que la durée du contrat ne peut pas excéder un mi-temps entre le 1er septembre et le 30 juin et un temps plein entre le 1er juillet et le 31 août. Il est en outre interdit aux établissements d’exiger des étudiants qu’ils travaillent dans le cadre de leur contrat au moment des examens et pendant leurs enseignements obligatoires.

Marina Torre © CIDJ
Article mis à jour le 13/06/2018 / créé le 05-06-2018