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Orientation : dans les quartiers prioritaires, les collégiens entre optimisme et inquiétude

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Orientation : dans les quartiers prioritaires, les collégiens entre optimisme et inquiétude

Une étude menée par l’AFEV, association de la fondation étudiante pour la ville, détaille comment les collégiens des quartiers prioritaires construisent leur orientation et comment ils font leur choix

Les premiers choix d’orientation ne sont jamais simples. En 2018, une enquête a été menée par l’AFEV (l’association de la fondation étudiante pour la ville) auprès de 718 collégiens de 4e et 3e, scolarisés dans des établissements d’éducation prioritaire (REP et REP +). Il en ressort que les collégiens se sentent véritablement concernés par leur orientation et 94% d’entre eux estiment que leurs choix sont importants pour leur réussite future. Ces questions d’orientation apparaissent dès la classe de 4e et se précisent en 3e où ils sont de moins en moins passifs dans leur recherche.

Pour s’orienter : la famille comme véritable repère

L’étude révèle l’importance de l’entourage familial, lorsque les premières questions d’orientation surviennent. Les collégiens interrogés (88%) n’hésitent pas à solliciter l’aide et l’avis de leur famille en priorité. L’avis des proches est tellement important, qu’il influence majoritairement les choix d’orientation. 70% des collégiens qui demandent l’avis de leur famille affirment le suivre. Pour comparaison, ils sont 77% à discuter d’orientation avec leurs amis, mais ils ne sont que 9% à suivre leurs avis.

Ce poids familial pose des questions pour les collégiens issus de milieux défavorisés, majoritairement présents dans les établissements REP ou REP+. Dans ces milieux, les parents ont parfois réalisé peu ou pas d’études et sont parfois à l’écart du marché du travail. Ils ont alors plus de difficultés à décrypter le système éducatif et les informations essentielles pour conseiller leurs enfants.

En 3e, une diversification des sources d’information

En 3e, pour s’informer sur les questions d’orientation, les collégiens multiplient leurs sources d’information. L’étude révèle même qu’en 3e, ils prennent davantage en main leur orientation en sollicitant une aide extérieure.

En classe de 4e seul 1 collégien sur 10 demande l’aide d’un psychologue de l’éducation nationale contre près de 50% des élèves de 3e. Ils sollicitent aussi davantage leurs professeurs, puisque 81% et 43% des jeunes de 3e déclarent parler de leur orientation avec leur professeur principal ou d’autres professeurs, contre seulement 42% et 25% des 4e.

S’orienter : étape stimulante mais angoissante ?

Le sentiment des collégiens vis-à-vis de cette étape d’orientation est contradictoire. En effet, ils sont aussi nombreux à trouver ce moment stimulant et enthousiasmant (31%) qu’angoissant et inquiétant (34%). Une inquiétude qui touche davantage les filles que les garçons (39% contre 27%). Entre la classe de 4e et la classe de 3e ces inquiétudes diminuent un peu puisque 31% des élèves de 3e se disent inquiets contre 36% des élèves de 4e.

Les collégiens en REP et REP+ semblent optimistes sur leur avenir. 86% ont l’impression qu’ils suivront la formation qui leur plaît et 87% pensent qu’ils feront le métier de leur choix. Concernant leur poursuite d’études, près de 3 collégiens sur 4 souhaitent aller en lycée général, près de 24% en lycée professionnel et 3% dans un CFA. S’agissant de l’orientation post-bac, 30% souhaitent poursuivre leurs études en fac et 20% disent vouloir aller dans une grande école. Seuls 13% souhaitent directement travailler.

Cette envie de poursuivre leurs études et cet optimisme est mis à mal par le manque de confiance que ressentent de nombreux collégiens. Plus de la moitié d’entre eux pense que la peur de ne pas y arriver pourrait les empêcher d’atteindre leurs objectifs. Un manque de confiance qui touche davantage les filles (62% contre 49%).

Marine Ilario © CIDJ
Actu créée le 20-09-2018 / mise à jour le 20/09/2018

Crédit photo : Christian Schwier - Fotolia