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Numérique : source de pollution invisible, mais compressible

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On croule sous les objets numériques, un vrai casse-tête

Entre la fabrication, l’usage et le rebut, près de 4 % des émissions de gaz à effet de serre proviennent des outils numériques. En Europe, chaque individu possède en moyenne 8,9 appareils dont plusieurs smartphones. L’ADEME appelle au sens des responsabilités en adoptant de bonnes pratiques.

C’est un fait, le monde est accro aux smartphones si bien qu’en 2019, les fabricants en ont écoulé un milliard d’unités neuves. En termes de bilan carbone, cela donne le tournis à raison de 16,5 kg de CO2 émis par appareil. Pire, en 2025, la production annuelle mondiale d’objets numériques grimpera à 48 milliards de pièces sorties d’usine… Au-delà des chiffres étourdissants, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) en appelle à la responsabilité individuelle en proposant un code de bonne conduite. Mais avant cela, dans un rapport particulièrement instructif, l’agence de la transition écologique dévoile la « face cachée du numérique ».

10 à 12 milliards d’emails échangés toutes les heures

Les habitudes se prennent plus vite qu’on ne s’en débarrasse si bien qu’on expédie un tweet comme on respire. Et sur la balance, si un tweet n’émet que 0,002 g de CO2, il s’en échange 5 900 par seconde, soit 184 milliards par an. Une simple recherche sur Google ? 6,65 g de CO2. Un email ? 35 g de CO2. Autant dire qu’à ce petit jeu l’addition, au rayon pollution, grimpe très vite. Et pour cause, et c’est souvent oublié ou peu connu, Internet reste un immense réseau d’ordinateurs (des serveurs) reliés les uns aux autres et allumés en permanence : 67 millions de serveurs et plus d’un milliard d’équipements de télécommunication (box ADSL, routeurs, etc.).

Numérique et pollution

 

« De la conception à la vente, un smartphone fait 4 fois le tour du globe, rappelle l’ADEME. Sa fabrication, très énergivore […] nécessite jusqu’à 70 matériaux différents […] il est donc impératif de ne renouveler ses appareils que lorsqu’ils sont définitivement hors d’usage et de s’interroger sur les besoins réels ». Ainsi, fort logiquement, doubler la durée de vie d’un équipement réduit de 50 % son bilan environnemental.

Appareils numériques reconditionnés et indice de réparabilité

Privilégier les articles reconditionnés, c’est-à-dire testés, nettoyés et réparés (cela concerne essentiellement la batterie) évite l’extraction de 82 kg de matières premières par an et par appareil. Sans parler du gain appréciable pour le portefeuille surtout quand il s'agit d'iPhone et autres smartphones onéreux. Mais rien n’empêche de se détourner de l’achat pour se tourner vers la location de modèles écoconstruits comme les Fairphone. La coopérative Commown les propose à 20 €/mois, assistance et réparations comprises. Pour les ordinateurs, c’est 5 euros de plus. Cette gamme répond à plusieurs critères vertueux : une faible consommation d’énergie, des composants conçus pour durer et un bon indice de réparabilité. Cet indice, initié en janvier 2021, indique sur une part grandissante de matériels (smartphones, ordinateurs, téléviseurs) la facilité à démonter un appareil, à trouver des pièces de rechange, et ce, à un prix raisonnable. Soyons clairs : on n’en est qu’aux balbutiements. En attendant, l’ADEME donne un tas de conseils de bon sens, assorti d’adresses bien utiles.

Acheter, revendre, donner

Entre 55 et 113 millions de smartphones dorment dans nos tiroirs et moins de 10 % sont collectés pour un retraitement. Aussi, quand ils fonctionnent, pensons à les revendre, ou même à les donner à une entreprise de l’économie sociale et solidaire. À défaut, les bacs de recyclage des grandes surfaces ou les déchèteries n’attendent que ce butin. Pour connaître toutes les solutions pour donner une seconde vie à nos machines, il faut visiter ce site. Et pour envoyer son téléphone gratuitement et par la poste à l’éco-organisme ecosystem, ça se passe par ici. Car les appareils numériques regorgent de ressources à exploiter de nouveau. Ainsi, dans un ordinateur portable, le pastique qui le compose sert à l’industrie automobile, quand les métaux ferreux nourrissent les armatures métalliques de construction.   

Bien entretenir et savoir débrancher

Comme toutes les machines, les outils numériques craignent la chaleur. Les montées de fièvre nuisent à tous les composants et en particulier aux processeurs, disques durs et batteries. Les ordinateurs potables sur les genoux ? On évite pour ne pas obstruer les ventilateurs. La bombe à air sec pour éliminer les amas de poussières dans les bouches d’aération et autres touches du clavier, on privilégie. Dans le même ordre d’idée : une batterie de portable, ça se recharge avant d’arriver à moins de 10 %. Idem pour les smartphones et tablettes. Et pour les préserver, on active les modes d’économie d’énergie : diminution de la luminosité programmée sur 5 minutes, désactivation des connexions quand elles ne sont pas nécessaires (Wifi, Bluetooth, 3G/4G, localisation GPS) et — pour les plus radicaux — extinction, et non mise en veille, des terminaux pas utilisés la nuit (box ADSL/Fibre, console de jeux, etc.). Pour cela, la multiprise à interrupteur reste encore le meilleur ami de l’homme déconnecté.

En savoir plus en lisant le guide En route vers la sobriété numérique

La rédaction © CIDJ
Actu mise à jour le 07-06-2022 / créée le 07-06-2022

Crédit photo : Ola Dapo - Pexels

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