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Industrie 4.0 : tout savoir sur l'usine du futur

Industrie 4.0 : tout savoir sur l'usine du futur
© Fotolia

L’industrie est bien souvent victime de clichés. Et les usines sont parfois, à tort, perçues comme vieilles, sales et bruyantes. En réalité, l’industrie est impactée aussi bien par les évolutions technologiques qu'environnementales et sociétales. Bouteilles, flacons ou autres ustensiles de cuisine viennent de l’industrie. Laquelle doit donc répondre aux envies et aux besoins des usagers qui cherchent des produits plus légers, moins polluants, recyclables et design… Tout cela a un impact sur les modes de production et donc les métiers. Explications.

Usine du futur : dans l’innovation permanente

Oubliez vos idées reçues et imaginez une usine propre, grande, robotisée. On parle désormais d’usine du futur, d'industrie 4.0, connectée.

"Pour relancer l’industrie, nous avons dû évoluer vers les technologies de demain. Inventer la voiture du futur, étudier les nouveaux matériaux, trouver de solutions innovantes dans tous les domaines. Nous sommes toujours en amont des projets, c’est ce qui rend nos métiers passionnants", raconte Jacques Dupenloup responsable des ventes France et Bénélux chez Stäubli.

Jeunes à tous niveaux de qualification recherchés

Au coeur de cette innovation permanente, les métiers ne cessent d’évoluer. Malheureusement, l’industrie souffre d’un déficit d’images et les entreprises peinent à recruter.

"Il y a chez nous 95 postes non pourvus depuis un an", se désole Jacques Dupenloup. "Et pas uniquement à des niveaux ingénieurs. Nous recherchons des jeunes de bac pro à des postes d’opérateurs et des bacs + 2 ou +3 pour des emplois de techniciens en support client. Il y a de bonnes perspectives d’évolution dans nos entreprises. Il n’est plus question d’embaucher un jeune pour qu’il travaille sur le même poste pendant 30 ou 40 ans comme autrefois", ajoute-t-il.

L’alternance, très appréciée des recruteurs

"La tendance actuelle est de poursuivre ses études jusqu’au master 2. Or, l’industrie française est en demande de bac + 2 et, plus encore, de bac + 3", explique Sophie Lengrand-Jacoulet, directrice de l’IUT d'Aix-Marseille.

Les profils en alternance sont particulièrement appréciés. Chez Stäubli, on trouve 24 jeunes en alternance à tous les niveaux de qualification, en particulier des licences pro ou des masters.

Des outils de plus en plus intelligents

Aucun spécialiste du secteur ne peut aujourd’hui prédire quels seront les métiers de demain. Toutefois des évolutions de compétences sont attendues et anticipées. Avec les nouvelles technologies, le niveau de qualification ne cesse d’augmenter.

"Les usines du futur sont désormais robotisées. Les ouvriers effectuant des tâches simples vont diminuer au profit de postes d’opérateurs qualifiés. Par exemple, dans la maintenance, les capteurs relient les machines entre elles, alertent en cas de panne et renseignent de manière prédictives.

Les opérateurs de maintenance travailleront tous avec un smartphone qui pourra lire le contenu d'une puce insérée dans un robot. Grâce à la connexion de la puce avec d'autres machines, l’opérateur pourra ainsi savoir si des machines ont eu le même type de panne et quelle solution a été trouvée.

Il réparera ensuite à distance le problème. Voilà la maintenance du futur ! L’humain est toujours là, mais il va devoir travailler avec des outils intelligents. Cela chamboule complètement la façon de travailler.

Cependant, les connaissances de base resteront nécessaires pour pouvoir intervenir sur les machines sans passer par le numérique. L’humain, avec son savoir-faire technique, aura toujours sa place", rassure Françoise Diard, responsable de l’Observatoire prospectif et analytique des métiers et qualifications de la métallurgie.

"De l’ouvrier à l’ingénieur, la formation tout au long de la vie va devenir un élément central du parcours d’un salarié", renchérit Sophie Lengrand-Jacoulet.


Des formations pour apprendre à apprendre

Former à des métiers qui n’existent pas encore ? Pas facile pour les écoles de répondre à ce challenge !

"Nous essayons de montrer à nos étudiants un environnement d’études aussi modernes que possibles. Nous travaillons avec les industriels pour adapter nos contenus à leurs besoins. Nous leur donnons en priorité de solides bases généralistes qu’ils doivent absolument maîtriser. Ensuite, nous essayons de développer leur capacité à prendre en main de nouveaux outils. Nous les poussons à se mettre en action et à aller se forger par eux-mêmes une culture scientifique", explique Laurent Champaney, directeur général adjoint en charge des formations chez Arts et Métiers ParisTech.

Curieux, capables de s’auto-former et de prendre des risques

Les entreprises recherchent désormais des profils capables de s’adapter vite, d’apprendre sans cesse.

"Les industriels ont besoin de jeunes agiles, curieux, capables de s’auto-former et donc se mettre en danger, de prendre des risques. Ils devront apprendre à gérer l’incertitude, à être dans l’inconfort intellectuel et faire face à des situations complexes. Ils devront aussi savoir convaincre et imposer leurs idées", détaille Laurent Champaney. 

Valérie François

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