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Après attentat : entre peur et incompréhension, les jeunes restent optimistes

Après attentat : entre peur et incompréhension, les jeunes restent optimistes
© Marion Piauley

Comment réagit-on à des événements aussi tragiques quand on a 15, 20 ou 25 ans ? Comment imagine-t-on l’avenir ? Djemba, Bérengère, Tadjidine, Juliette, Salomé, Adem et Margaux nous racontent leurs émotions, leurs espoirs et leur vision du vivre-ensemble.

2015 : année noire pour la France. Le 7 janvier, des terroristes pénètrent dans les locaux du journal Charlie Hebdo et tuent 12 personnes. Onze mois plus tard, le 13 novembre, la salle de concert du Bataclan, des restaurants et bars des 10e et 11e arrondissements de Paris et le Stade de France sont attaqués. Bilan : 130 morts et des centaines de blessés. 

À la suite de ces deux événements, les Français sont sous le choc. C’est la stupeur, l’aberration, la colère, la peur, la consternation. Bamako, Ankara, Bruxelles… Les attentats qui se produisent hors de nos frontières ne font que raviver la douleur. 

De la peur à l’acceptation

Margaux, à Paris : "Lorsque Charlie Hebdo a été attaqué, nous étions en épreuves blanches de BTS (à Paris). Lorsque nous sommes sortis, on nous a annoncé la nouvelle. Nous avons tous eu extrêmement peur. On n’avait jamais vécu ça. On s’est rendu compte que ce type d’événement pouvait arriver à côté de chez nous, que l’on n'est en sécurité nulle part. Aujourd’hui encore, j'ai peur de prendre les transports en commun. Et lorsque j’entends des sirènes, je stresse. Mais j’essaie d’être forte. Je continue à prendre le bus et le métro malgré tout."

Djemba, à Toulouse : "Après les attentats du 13 novembre, les gens ont été choqués et ont spontanément participé à des manifestations et à des minutes de silence à Toulouse. Mais il y avait moins de panique qu’à Paris, car nous n’étions pas touchés directement."

Tadjidine, à Marseille : "On a peur parce que l’on ne sait pas qui sera le prochain. On est conscient que ça peut se passer n’importe où, en France ou ailleurs."

Juliette, à Strasbourg : "Lorsqu’il y a eu les attentats de Bruxelles, en mars, c’est triste à dire mais je n’étais presque plus étonnée". Je me suis dit : "on est en guerre et ça va certainement continuer."

Bérengère, à Angoulême : "À tout moment, ça peut se reproduire. Il faut être vigilant mais garder espoir. Ce n’est pas à cause de ça que l’on va changer nos habitudes. Ça ne doit pas nous empêcher de vivre librement et de faire ce que l’on veut."

Entre incompréhension et envie d’agir

Adem, à Marseille : "Des événements pareils, ça change forcément notre regard. On se tient plus au courant, on écoute les informations. On aimerait faire plus mais on se sent impuissant."

Juliette, à Strasbourg : "Parfois, je suis extrêmement triste et en colère parce que, nous, on n’y peut rien. Notre génération n’est pour rien dans tout ça et, pourtant, beaucoup de gens de ma génération sont morts en novembre. Ces événements me donnent envie d’agir pour dissuader certaines personnes d'être tentées par le radicalisme, pour éviter l’obscurantisme. Il est important d’agir. Il faut aller plus loin dans la démocratie et être ferme sur certaines valeurs extrêmement importantes. Il faut donner la parole à des gens qui ne l'ont pas et soutenir les associations et organisations qui agissent. J’espère que les gens de ma génération vont prendre conscience que nous devons agir encore plus."

Margaux, à Paris : "Le vivre-ensemble, j’y crois. Mais il va falloir du temps avant que les consciences s'ouvrent et acceptent les autres cultures. Il est important que les gens apprennent à se connaître et à comprendre que nous ne sommes pas si différents."

Espoir et optimisme

Djemba, à Toulouse : "Je pense qu'il y aura d'autres attentats. Mais je n’ai pas vraiment peur pour l’avenir. Les terroristes pensent qu’ils vont conquérir le monde. Mais personnellement, je crois qu’ils n’y parviendront pas. Car même s’ils arrivent à endoctriner certaines personnes, ils ne pourront pas imposer leur vision du monde."

Tadjidine, à Marseille : "Le terrorisme n’a pas de religion. Seuls des gens inhumains peuvent faire ce genre de choses."

Salomé, à Angoulême : "Même si certains ont tendance à faire des amalgames, j'ai l'impression que les gens sont plus solidaires et se serrent plus les coudes."

Margaux, à Paris : "Malgré ces événements, je vois l’avenir de façon positive. Je pense que les reportages vont dissuader les gens de partir faire le djihad. Les attentats marqueront une partie de ma vie, mais l’avenir, je le vois sans terrorisme, dans la cohésion et le vivre-ensemble, la liberté d’expression et de religion."

Juliette, à Strasbourg : "J’ai assisté à un débat sur la diversité et des personnes de la génération de mes parents parlaient de "blancs" et de "non blancs". Personnellement, je n’ai jamais eu ce type de réflexion. Blancs, noirs, musulmans… Ce sont des choses que j’oublie, peut-être parce que j’ai grandi parmi des gens issus de milieux différents. Je pense que notre génération a de grands potentiels pour vivre ensemble dans la diversité."

Isabelle Fagotat

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