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Service national universel (SNU) : témoignages de jeunes

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SNU

Le 16 juin dernier, 2000 adolescents de 16 ans ont testé le service national universel (SNU). 15 jours à vivre en communauté, loin de leur famille et de leurs amis. Vous aussi vous aimeriez le faire l’année prochaine et vous vous demandez à quoi vous attendre ? Daphné, Coline et Bryan ont tous trois accepté de nous raconter leur SNU.

Daphné, 16 ans, seconde générale, SNU de Vannes

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Pourquoi avoir participé au SNU ?

Je suis scolarisée à La Baule et je voulais absolument faire le SNU car on n’a pas souvent l’occasion de pouvoir quitter sa région et rencontrer de nouvelles personnes. Comme nous sommes tous volontaires, j’étais persuadée que ça serait une expérience incroyable et que l’on créerait ensemble une belle cohésion de groupe. J’avais aussi envie de partir seule et de tester mes limites sportives.

Ce qui t’a plu ? 

Les parcours sportifs collectifs, l’initiation au self défense et à la boxe Thaï. Le champion du monde est venu lui-même nous apprendre les bases. J’ai aussi développé ma culture générale. On nous a expliqué à quoi correspondaient les jours fériés. Nous avons rencontré une association d’anciens combattants qui nous a donné un document répertoriant toutes les dates des guerres. J’ai découvert les menhirs à Carnac que je ne connaissais pas et aussi l’histoire de Vannes.

Ce qui t’a moins plu ?

Au début, il y avait beaucoup de temps mort entre les activités. On s’ennuyait un peu et on ne faisait pas assez de sport. Les organisateurs y ont vite remédié et nous ont fait faire d’autres activités. Le soir ceux qui le désiraient, pouvaient participer à des activités sportives supplémentaires.

Et le côté militaire ?

On était logé par chambrée de 10 et chaque jour, il y avait une équipe chargée de nettoyer les sanitaires, le self, jeter les déchets.  Ca nous a appris à nous organiser et nous entraider. J’ai bien aimé le lever des couleurs, marcher en rang, apprendre la Marseillaise. Je trouve que c’est important de connaître notre hymne national. Ca fait partie de notre culture. Porter un uniforme, c’était aussi une bonne idée. On est tous arrivé en uniforme comme cela personne n’a pu juger l’autre sur sa tenue. Je pense que ça a beaucoup aidé à créer une super ambiance. Le seul bémol avec l’uniforme c’est qu’il était trop chaud. Ils auraient dû prévoir des bermudas.

Ça a changé quoi ?

Ce genre d’expérience nous forge une identité. On arrive seule. On se retrouve face à des gens qu’on ne connaît pas. On doit se confronter à nous-même. J’ai découvert que j’adorais aller vers les autres, faire du sport et me dépasser mais aussi aider les gens. Je me suis ouverte aux autres et j’ai l’impression d’en être revenu grandie.

Coline, 16 ans, seconde générale, SNU de Bourges

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Pourquoi avoir participé au SNU ?

J’habite dans la Creuse et j’ai fait mon SNU à Bourges. J’en avais entendu parler à la télévision et mon lycée avait aussi organisé une réunion d’information. C’était nouveau. J’ai eu envie de découvrir ce que c’était. Lorsqu’ils nous ont présenté le SNU à l’école, je me suis dit que ça m’aiderait aussi peut-être à trouver ma voie professionnelle.

Ce que tu as aimé ? 

J’ai tout aimé. Le rallye dans la ville de Bourges qui m’a permis de découvrir l’histoire de la ville. On a eu une initiation aux gestes de premiers secours. On a rencontré des associations afin de prendre des contacts pour les 15 jours de mission d’intérêt général que l’on doit effectuer l’année prochaine. J’ai surtout beaucoup aimé la journée au CREPS (centre de ressources, d’expertise et de performance sportive). Nous avons découvert le handisport. Nous avons fait un match de basket en fauteuil. C’était vraiment intéressant de se mettre à la place d’une personne handicapée.

Ce qui t’a moins plu ? 

Pas grand-chose. Peut-être ne plus avoir mon portable dans la journée. On y avait le droit que le soir pour appeler nos parents.

Et le côté militaire ? 

Se lever à 6h30, le lever des couleurs, porter l’uniforme. Au début tout cela m’a paru un peu étrange mais finalement on s’y fait. Et puis j’aimais bien porter cet uniforme. Mais ça ne plaisait pas à tout le monde. J’ai bien aimé participer aux cérémonies du 18 juin. A côté de cet aspect militaire, il y avait aussi plein de moments pour rire, travailler, faire du sport.

Comment était l’ambiance ? 

C’était super sympa. Je ne connaissais personne et on venait tous d’horizons différents. Mais on a très vite sympathisé. Et depuis notre retour, on est tous en contact sur Snapchat.

Ça a changé quoi ? 

Je suis rentrée différente, plus mature car j’ai été confrontée à des situations différentes de mon quotidien. J’ai l’impression d’avoir un peu plus le sens des responsabilités. Cette expérience m’a obligé à m’ouvrir aux autres. C’est une expérience que je referais sans hésiter. 

Bryan, 16 ans CAP menuiserie, SNU de Vannes

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Pourquoi avoir participé au SNU ?

J’habite à Bourges. J’ai entendu parler du SNU par mon lycée qui a organisé une grosse réunion pour nous en parler. Je me suis inscrit à la fin de la réunion. J’avais envie de découvrir de nouvelles choses, une nouvelle région, de nouvelles personnes et aussi le monde militaire. Au départ, je voulais partir en Guyane. Pour cela j’ai du faire une lettre de motivation. Malheureusement, je n’ai pas été sélectionné pour la Guyane mais j’ai reçu une réponse positive pour Vannes.

Ce que tu as le plus aimé ? 

L’apprentissage du sauvetage en mer. On est parti en bateau par équipe de 3 et on devait sauver un homme (un sauveteur) qui faisait semblant de se noyer.  C’était vraiment une super expérience !

Ce que tu as le moins aimé ? 

On avait aussi des moments plus scolaires assis en classe. Huit heures d’affilée dans une classe, c’est long et c’était des choses que j’avais déjà apprises à l’école. Ca m’ennuyait un peu. Je préférais faire du sport. C’est pour cela que j’étais venu.

Et le côté militaire ? 

On a fait des parcours du combattant. C’était dur sur le moment mais ca m’a bien plu. En revanche le lever des couleurs, la Marseillaise tous les matins, c’était trop ! Et puis on devait se coucher à 22h30. C’est trop tôt. Finalement, on ne se couchait jamais avant minuit avec mes potes. En revanche, se lever à 6h30 n’était pas un problème. J’ai l’habitude, je me lève à 6h00 tous les matins en temps normal.

Comment était l’ambiance ? 

On était par chambrée de 10. Quand je suis arrivé, personne ne se connaissait mais tout de suite le contact a été super. C’était comme si on se connaissait depuis longtemps. On venait de tous les coins de France. Il y en avait même un de Guyane ! On est tous restés en contact. Maintenant on a des points de chute partout en France!

Ça a changé quoi ?

Quand je suis parti, j’étais encore un gamin dans ma tête. Cette expérience m’a fait mûrir. Mes amis me l’on dit. Je me dispute moins avec mes frères et sœurs. J’écoute un peu plus mes parents. Ils sont fiers de moi.

 

Valérie François © CIDJ
Article mis à jour le 15-07-2019 / créé le 15-07-2019