• publiredactionnel

L’alternance dans une grande école de commerce : un pari gagnant

L’alternance dans une grande école de commerce

Aujourd’hui portée par les aides gouvernementales et considérée comme un moyen efficace de trouver un emploi, l’alternance a le vent en poupe et le nombre de contrats signés explose, y compris dans les grandes écoles. Jessica Léger, responsable stages et alternance à l’IPAG Business School, répond à nos questions sur ce sujet.

Comment expliquez-vous le succès croissant de l’alternance dans l’enseignement supérieur ?

Jessica Léger. Je dirais que cette formule présente des avantages à la fois pour les étudiants et pour les entreprises, quels que soient leur taille et leur secteur d’activité. Lorsque tout se passe bien, et c’est le cas dans 98% des cas, tout le monde est gagnant.

Justement, parlez-nous des atouts principaux de l’alternance…

J.L. L’alternance permet à l’apprenant de se former dans la durée, de monter progressivement en compétence, d’acquérir de plus en plus d’autonomie et de prouver, à long terme, qu’on peut lui confier des projets importants. Elle rend également l’apprentissage plus dynamique en permettant une application concrète et immédiate des savoirs académiques acquis sur les bancs de l’école. Pour les entreprises, c’est une opportunité, autant qu’une fierté, de former un alternant pendant un à deux ans, de le voir évoluer, s’aguerrir et prendre davantage de responsabilités.

On dit parfois que l’alternance contribue à l’ouverture sociale des grandes écoles, qu’en pensez-vous ?

J.L. Dans une Business School membre de la CGE[1] comme l’IPAG, le montant des frais de scolarité s’élève à près de 10 000 euros par an pour son Programme Grande École par exemple, ce qui constitue une contrainte financière non négligeable pour de nombreux étudiants et leurs parents. Même si des banques proposent des prêts à taux avantageux, qu’il existe des bourses d’État et que nous avons mis en place des dispositifs d’aides spécifiques au sein de notre école, l’alternance reste le meilleur moyen de financer ses études. En signant un contrat d’apprentissage avec une entreprise, celle-ci s’engage à prendre en charge la totalité des frais de scolarité durant toute la durée de la formation de l’apprenti. Il s’agit donc d’un facteur déterminant dans une démarche d’ouverture sociale à destination de jeunes pour qui une grande école de commerce peut, au préalable, sembler inaccessible.

Et accessoirement, l’étudiant bénéficie aussi du statut de salarié…

J.L. Oui, et ce n’est pas anecdotique puisque l’alternant bénéficie des avantages des salariés (tickets restaurants, mutuelle, congés payés…) tout en conservant ceux liés à son statut d’étudiant tels que les réductions sur les cartes de transport, certains tarifs préférentiels, la gratuité des musées, etc. Il faut aussi noter qu’un alternant, en fonction notamment de la nature de son contrat et de son niveau d’études, bénéficie généralement d’une bien meilleure rémunération qu’un stagiaire.

Et en termes d’insertion professionnelle, est-ce que l’alternance joue un rôle décisif ?

J.L. Une ou deux années d’alternance sur le CV d’un jeune diplômé, c’est un vrai plus, voire un élément décisif. Les recruteurs voient l’alternance d’un très bon œil, principalement parce qu’ils savent que le candidat a passé beaucoup de temps à « se frotter » aux réalités du monde du travail. Il faut également savoir que de nombreuses entreprises proposent un contrat en CDI à leurs alternants en fin de mission. À titre d’exemple, 50% des alternances de 5e année à l’IPAG débouchent sur une proposition d’embauche. L’autre moitié est recrutée dans les 6 mois. L’alternance est donc un pari gagnant.

Est-ce que cette formule a des inconvénients ?

J.L. Je parlerais plutôt de petites difficultés à surmonter. D’abord, l’alternance réclame énormément d’organisation et d’autonomie de la part de l’étudiant, notamment pour gérer ses révisions en dehors des heures de travail. Nos équipes jouent à cet égard un rôle déterminant dans l’accompagnement et le suivi des missions professionnelles. Ensuite, en termes d’engagement financier et de temps consacré à la formation, le recrutement d’un alternant est bien plus lourd pour une entreprise que celui d’un stagiaire pour trois, quatre ou même six mois. Le processus de sélection des candidats est donc très proche, voire identique, à une embauche en CDD ou en CDI. Tout cela signifie que l’étudiant doit être pro-actif dans ses recherches et trouver sa structure d’accueil, à force d’abnégation parfois. Mais en définitive, la quasi-totalité des étudiants qui souhaitaient choisir la formule alternance a trouvé une entreprise d’accueil cette année.

 

[1] Conférence des Grandes Écoles