Des jobs saisonniers pour travailler à l'étranger : bon plan ou pas ?

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Des jobs saisonniers pour travailler à l'étranger : bon plan ou pas ?

Pour travailler à l'étranger, les jobs saisonniers peuvent être l'option idéale. C'est d'ailleurs celle qu'ont choisie Nik et Jessica, qui ont d'abord vadrouillé en solo avant de tenter l'aventure en couple. À 27 et 28 ans, ils envisagent aujourd'hui de poser leurs valises au moins quelque temps... Interview.

Faire et défaire leurs bagages est devenu leur spécialité. D'abord, parce qu'ils ont pris l'habitude de déménager au fil des saisons, mais aussi parce que, grâce à leurs différents jobs, ils ont économisé de quoi financer leur rêve : un tour du monde. C'est d'ailleurs depuis une île thaïlandaise que Nik et Jessica ont répondu à nos questions.

Des jobs saisonniers variés

Comment avez-vous commencé à faire des saisons ?

Nik : "Après un an en Australie, j'avais plusieurs objectifs : continuer à pratiquer l'anglais, passer du temps à la montagne et économiser de l'argent rapidement pour pouvoir repartir. J'ai trouvé un job dans un hôtel 4* à Megève et j'ai finalement voulu continuer dans l'hôtellerie-restauration pour voyager tout en travaillant. J'ai donc passé une licence pro hôtellerie tourisme option management des produits de la restauration."

Jessica : "Après mon BTS tourisme, je ne savais pas quoi faire, mais je me trouvais trop jeune pour la routine "métro, boulot dodo". Une amie a trouvé une annonce pour un job d'animatrice en club de vacances... Je suis donc partie 6 mois en Sardaigne. Même si la saison a été difficile, découvrir une nouvelle culture m'a donné envie de voir ce qui se passait ailleurs."

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© J.M.

Quels jobs saisonniers avez-vous trouvé ?

Nik : "J'ai été voiturier bagagiste à Megève, réceptionniste et voiturier à Courchevel, serveur dans un beach club à Marbella et chasseur dans un hôtel à Cannes. En 2010, nous sommes partis au Québec où j'ai  travaillé dans une entreprise de covoiturage et comme serveur. Après 8 mois, nous avons quitté Montréal pour l'Ouest canadien : nous y avons notamment fait du wwoofing dans un ranch. Ma dernière saison remonte à l'été 2012 en tant que serveur à Annecy.
Dans l'ensemble, je me suis éclaté : j'ai passé du temps sur les pistes de ski et certaines expériences ont été particulièrement enrichissantes, notamment à Marbella pour apprendre un peu l'espagnol."

Jessica : "J'ai été animatrice d'un club enfants en Sardaigne. Plus tard, j'ai suivi mon copain à Courchevel où j'ai été serveuse dans le restaurant d'un hôtel 5*. Au Québec, j'ai trouvé un poste de gestionnaire de saisie à la Banque nationale du Canada, puis comme réceptionniste à l'université du Québec à Montréal. Près d'Annecy, j'étais responsable des petits-déjeuners et aide ménagère dans une maison familiale. En parallèle, je faisais de l'aide à domicile pour les personnes âgées. L'idée était d'économiser un maximum pour notre année sabbatique."

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© J.M.

Travailler à l'étranger, ce n'est pas si difficile

Est-ce facile de trouver des jobs saisonniers à l'étranger ?

Nik : "Globalement, ce n'est pas compliqué, surtout avec le Programme Vacances Travail qui permet de travailler à l'étranger plus facilement, notamment dans des pays comme l'Australie et le Canada. Il suffit de retravailler son CV et ses lettres de motivation selon les codes du pays. Les agences d'intérim fonctionnent bien, tout comme l'échange de bons plans entre "expats".
Mais il faut être prêt à faire de tout !"

Jessica : "Cela dépend de ton domaine et du pays. Au Canada, j'ai trouvé un job en une semaine en me rapprochant d'un organisme qui aide les expatriés.
Sans exigences particulières, il y a beaucoup de petits boulots qui permettent de s'acclimater et d'apprendre à parler la langue."

Avez-vous le temps de visiter sur votre temps libre ?

Nik : "L'hiver je fais surtout du snowboard. Et sans voiture, pas facile de bouger. À Annecy, nous étions motorisés et nous avons bien profité."

Jessica : "En plus des soucis de véhicule, il y a la fatigue. Généralement, je suis crevée et je n'ai pas l'énergie. Mais nous avons fait l'effort au Canada : hors de question d'être si loin sans visiter !"

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© J.M.

Quand le moment vient de poser ses valises...

Pensez-vous continuer les saisons sur le long terme ?

Nik : "Après avoir passé plus d'un an et demi à traîner mes bagages, j'avais envie d'une commode et d'un endroit où rester un peu. Trois mois plus tard, je voulais déjà repartir !

Depuis, j'ai découvert la Haute-Savoie qui me donne envie de me poser. J'estime avoir assez profité de ma vie de voyageur et j'ai besoin de voir mes proches plus souvent que deux semaines tous les six mois. Mais si ça ne va pas, nous bougerons de nouveau !"

Jessica : "J'ai atteint un stade où je veux préparer le futur, avoir un job plus intéressant... Après notre tour du monde et les saisons, nous nous sentons prêts "à la routine".
Cela dit, nous avons aussi rencontré des gens qui ne veulent pas forcément de famille ou de job fixe et à qui les jobs saisonniers conviennent très bien sur le long terme."

Quel métier voulez-vous faire si vous arrêtez les saisons ?

Nik : "Je me verrais bien soit continuer dans ma branche – l'hôtellerie – avec un peu plus de responsabilités, soit monter mon auberge, soit m'orienter vers un métier manuel ou en rapport avec la nature."

Jessica : "Nous envisageons de nous mettre à notre compte pour ouvrir un gîte. En attendant, je vais m'adresser aux offices de tourisme pour faire découvrir la région.
Nous avons surtout pensé à l'endroit où nous voudrions vivre, sans trop réfléchir à une carrière."

CIDJ © CIDJ - 12/2017