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Grand oral : 3 conseils pour cette dernière épreuve du bac 2021

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Grand oral : 3 conseils pour cette dernière épreuve du bac 2021

Entre le 21 juin et le 2 juillet prochains, vous allez passer le grand oral, l’épreuve finale de l’édition 2021 du bac général et technologique. Comment vous y préparer au mieux ? Voici 3 conseils qui vous aideront le jour J.

Du 21 juin au 2 juillet 2021, se tiendra la dernière épreuve du bac général et technologique : le grand oral. D’une durée de 20 minutes, il nécessite une préparation en amont puisque chaque élève doit élaborer et travailler deux questions sous la supervision des professeurs de spécialités. Comment mettre toutes les chances de votre côté et rester serein lors de votre grand oral ? Les trois conseils suivant devraient vous aider.

Délimitez et structurez votre exposé du grand oral

Ce qu’on vous demande pour cette épreuve, c’est d’élaborer deux questions en lien avec le programme de terminale. Le jour J, les deux membres du jury choisiront laquelle des deux vous présenterez. Vous aurez alors 20 minutes de préparation. La première partie du grand oral consiste donc à présenter un exposé de 5 minutes sur cette question.
« Les élèves sont très curieux. Ils s’intéressent à beaucoup de choses, parfois complexes et qui dépassent le programme étudié », constate Luca Agostino, professeur de mathématiques. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à échanger avec votre professeur pour déterminer des limites aux problématiques que vous souhaitez aborder lors de ce grand oral.

« Les élèves ont tendance à formuler des idées générales, alors je leur demande de resserrer leurs questions. Je leur dis également qu’il faut agrémenter leur exposé d’exemples précis et d’illustrations », déclare Sylvie Beaud, professeur de sciences économiques et sociales.
« Présenter un sujet très intéressant mais dont le jury pourrait se demander où est abordée la spécialité est un écueil à éviter », prévient Luca Agostino. « Cet appui sur le programme permet d’alimenter l’échange avec le jury dans la 2e partie de l’épreuve et donne de la crédibilité à votre exposé », rappelle le professeur. Il ne s’agit pas pour autant de réciter un point du programme mais au contraire de présenter une réflexion avec une approche personnelle.

Votre exposé doit se terminer par une réponse à la question posée. Cécile Delorme, professeure en sciences médico-sociales, considère que les candidats doivent rester neutres : « Vous devez présenter des faits et des éléments objectifs qui conduisent à la formulation d’une réponse ».

Dans sa classe de terminale ST2S, la professeure a relevé des problèmes de structuration ou d’équilibrage des différentes parties de l’exposé. « Les entraînements pour ce grand oral ont permis aux élèves de procéder à des ajustements pour bien structurer l’information et élaborer des plans cohérents », souligne-t-elle.

Gardez toujours à l’esprit que l’un des membres du jury n’enseigne pas la spécialité sur laquelle est bâtie votre question. Il faut donc être pédagogique et expliquer les notions employées.

Grand oral : n’apprenez pas votre exposé par cœur

Apprendre par cœur le déroulé de votre exposé pourrait sembler une bonne idée pour vous rassurer. En réalité, vous perdriez en spontanéité. Luca Agostino va même plus loin en affirmant que cela risque de rendre votre discours peu convaincant. « La première chose pour être captivant et crédible devant le jury c’est d’être convaincu de son discours. Et on peut l’être uniquement si on comprend bien ce dont on parle. » Maîtriser votre argumentation reste le meilleur moyen de rester naturel et spontané.

Selon les lycées, il n’a pas toujours été possible de participer à un grand oral blanc ou à des exercices d’entraînement. Les élèves de Luca Agostino se sont filmés individuellement pour s’exercer. « Je pouvais ainsi suivre, même à distance les progressions et les points à travailler ». C’est une bonne méthode pour pouvoir appréhender cette épreuve. Mais il est aussi conseillé de se préparer devant d’autres personnes. Cela permet de recueillir des avis extérieurs précieux pour améliorer votre présentation sur la forme mais aussi sur le fond.

Se préparer mais pas trop, car cela pourrait être contreproductif, selon Jean-Luc Breton, professeur d’anglais dans le cadre de la spécialité littératures, langues étrangères et régionales. « Il ne faut pas que le jury ait le sentiment d’une récitation ». Le professeur se veut plutôt rassurant : « Les élèves savent prendre la parole, ils le font déjà en classe lors d’exposés par exemple ». Il reconnaît néanmoins que le cas des langues est particulier, les élèves étant amenés à s’exprimer à l’oral très régulièrement. Ce qui n’est pas le cas dans toutes les spécialités, notamment en maths.

« Cette épreuve a l’avantage de mettre sur la table la pratique de l’oral en mathématiques, qui est très importante mais peu utilisée en France », se réjouit Luca Agostino. L’enjeu sera de pouvoir expliquer les notions et formules mathématiques utilisées dans le cadre de l’exposé. Vous pourrez fournir au jury un support (qui ne sera pas évalué) créé durant les 20 minutes de préparation et auquel vous pourrez vous référer lors de votre présentation. Il peut contenir un schéma, une carte, un tableau…
« Le candidat pourra dire " j’utilise l’outil mathématique suivant " et le décrire " il est fait de telle manière, comme vous pouvez le voir sur le support ". Ce support peut comporter par exemple la courbe d’une fonction qui appuiera ses propos », explique le professeur de mathématiques.

Pour tenir compte de la préparation inégale entre les élèves, le ministère de l’Éducation nationale a mis en place, début mai, des aménagements pour ce grand oral. Vous aurez ainsi la possibilité de conserver vos notes de préparation durant l’exposé. Puis, lors de la deuxième partie, vous pourrez utiliser le support préparé pour expliciter vos propos lorsque vous répondrez aux questions du jury.

Vous serez également évalué sur votre prestation orale. « Les candidats n’ont pas besoin qu’on leur dise " regardez le jury ", ils le font naturellement », souligne Jean-Luc Breton pour qui cette épreuve ne doit pas se résumer à un exercice d’éloquence. « Il me semble que si un élève est sans arrêt en train de penser à sa posture, au placement de ses mains, à sa manière de s’adresser au jury, il ne va plus pouvoir maîtriser son sujet ». Le professeur d’anglais conseille d’être le plus naturel possible et de communiquer avec amabilité. « Il n’est pas question de regarder ses notes tout le temps. Pour ne pas être tenté, il ne faut pas trop les rédiger et y restituer uniquement la structure du plan ainsi que des mots-clefs ».
Sur la forme, Cécile Delorme se veut aussi rassurante : « en terminale ST2S, nous travaillons beaucoup l’oral sous forme d’exposés, de revues de presse ou de capsules vidéos ». La professeure de sciences médico-sociales encourage ses élèves à croire en leurs capacités. « Certains doutent d’eux alors que ce qu’ils proposent fonctionne ».

Préparez-vous aux questions du jury

Lorsque vous aurez terminé votre exposé, le jury vous posera des questions durant les 10 minutes suivantes. Celles-ci peuvent porter sur votre exposé ainsi que sur le programme suivi en première et en terminale. Pour cette édition du grand oral, vous pourrez exceptionnellement fournir au jury une liste approuvée par votre lycée contenant les points du programme qui n’ont pas été abordés.

« Il faut envisager les questions du jury dès la préparation du grand oral », conseille Jean-Luc Breton. S’entraîner devant différents auditoires (amis, membres de la famille…) est une occasion de voir remonter les points qui pourraient faire l’objet de questions de la part du jury. « Les candidats peuvent être interrogés sur leurs sources, sur des points de l’exposé à éclaircir, sur des notions qui ont été abordées », mentionne Sylvie Beaud. Il faut donc bien maîtriser les ressources documentaires et chiffrées à partir desquelles vous avez construit votre argumentation. « Le jury sera attentif à leur qualité et leur fiabilité », indique Cécile Delorme.

Les examinateurs pourront aussi vous demander votre opinion sur la problématique que vous avez présentée. Et il faudra savoir répondre !

« Si vous ne comprenez pas une question, il ne faut surtout pas paniquer », recommande Jean-Luc Breton. « Demandez au jury de reformuler ou de préciser la question. » Dans le cadre de la spécialité littératures, langues étrangères et régionales, si les examinateurs emploient la langue que vous avez choisie pour poser leurs questions, vous devrez faire de même pour y répondre. Officiellement, vous pouvez présenter votre exposé intégralement ou partiellement dans la langue choisie. « Je conseille plutôt de faire une présentation en français en y incluant des citations très brèves ou extraits en langue étrangère ou régionale », se prononce le professeur.

Les 5 dernières minutes du grand oral sont consacrées aux années post-bac. Vous devrez faire le lien entre la question choisie et le projet envisagé.

« Ce qui est évalué, ce n’est pas le projet ni même la cohérence du projet », estime Luca Agostino. « Le jury va observer la capacité de l’élève à inscrire ce projet dans un contexte personnel. Par exemple, un élève qui a choisi les spécialités maths et physique-chimie se projette dans des études de droit. Pour argumenter ce choix, il pourrait dire qu’il pensait que ces spécialités scientifiques lui ouvriraient plus de possibilités, mais qu’entre-temps il a découvert qu’il aimait le droit. Il peut argumenter que ce choix de spécialité lui apporte une culture générale supplémentaire qu’il pourra réinvestir éventuellement ».

« Je rappelle à mes élèves que le grand oral, c’est 10 % de la note totale du bac », relativise Sylvie Beaud. (ndlr : 14 % dans la voie technologique) « Le jury n’est pas là pour piéger les candidats ».

Aborder le grand oral en l’ayant préparé, en restant concentré et en ayant confiance en vos capacités, reste le meilleur moyen de rester serein face à cette épreuve finale du bac.

Pour vous aider à maîtriser votre stress si vous en ressentez le besoin, vous pouvez retrouver les conseils d’une sophrologue que nous avions interviewée.

Odile Gnanaprégassame © CIDJ
Article mis à jour le 31-05-2021 / créé le 31-05-2021