Témoignage : mon job dans le funéraire

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Le métier de porteur funéraire

Adrien, 20 ans, est étudiant en management. Quand il n’est pas en cours, Adrien travaille dans une entreprise de services funéraires. Témoignage.

Pas facile de décrocher une interview avec Adrien tant ses journées semblent bien remplies. Si son emploi du temps est si chargé c'est qu'en parallèle de ses études le jeune homme de 20 ans travaille dans une entreprise de services funéraires. Cet emploi étonnant, qui surprend ses camarades de promo, l’étudiant ne l’exerce pas par hasard. "J’ai toujours baigné dans cet univers, ma mère a été fleuriste pendant 30 ans et a travaillé pour des enterrements, mon père travaille dans la marbrerie et mon frère a ouvert il y a six ans une entreprise de sous-traitance de services funéraires" explique-t-il.

"Le rapport à la mort ne me dérange pas"

"Depuis que j’ai 16 ans, j’aide mon frère dans son entreprise. Quand il a commencé, on était deux, aujourd’hui l’entreprise compte une quarantaine de personnes" poursuit Adrien. Après avoir obtenu un BTS en gestion de la PME (ex-BTS assistant de gestion PME-PMI) en formation initiale, Adrien se tourne vers l'alternance. Aujourd'hui il prépare un bachelor en management, un pied à l’école l’autre dans l’entreprise de son frère. "Les trois quart du temps je m’occupe des tâches administratives et je gère les planning mais pour les grosses journées, comme demain, je vais aussi sur le terrain" explique Adrien. "Je vais chercher le défunt au domicile, je l’emmène aux pompes funèbres pour la mise en bière, on porte le cercueil jusqu'à l’office religieuse, je participe à l’ouverture et la fermeture du monument funéraire… " énumère l’étudiant.

Côtoyer la mort au quotidien demande un bon équilibre personnel. Adrien de son côté garde une certaine distance "le rapport à la mort ne me dérange pas, si on s’arrête à chaque situation on ne s’en sort pas".  En revanche, Adrien reconnaît au métier "un stress permanent". "On dispose de 48 heures à compter du décès pour transporter le corps avant mise en bière, explique-t-il en fonction de certains confessions religieuses ce délai peut même être réduit".

Porteur funéraire, un métier accessible sans diplôme

En France, le secteur du funéraire regroupe 3 500 entreprises et environ 25 000 salariés. Avec le nombre de décès en augmentation régulière et la hausse des départs en retraite des professionnels du secteur, le funéraire continuera à recruter dans les années à venir. Deux tiers des prévisions d’embauches sont concentrés sur les métiers de porteur, assistant funéraire et marbrier/poseur.

Le métier de chauffeur-porteur funéraire fait partie de ceux accessibles sans diplôme. "La formation dure 16 heures et est financée par l’entreprise" explique Florence Fresse, déléguée générale de la fédération française des pompes funèbres. "Les entreprises recherchent des personnes titulaires du permis de conduire et principalement des hommes car selon la règlementation les femmes ne sont pas autorisées à porter des charges de plus de 25kg or si on ajoute le poids du défunt à celui du cercueil divisé par le nombre de porteurs on est souvent au-dessus".

Néanmoins le secteur se féminise, lire aussi le témoignage de Myriam, Maître de cérémonie.

Une ambiance pas si morbide

Pour faire face aux aléas de l’activité, la loi autorise les entreprises de pompes funèbres à proposer sur certains postes et notamment celui de porteur, des contrats à temps partiels alternant des périodes travaillées et non travaillées. "Ces contrats intermittents permettent de travailler jusqu’à 70 heures maximum par mois" précise Florence Fresse. 

Dans le secteur du funéraire, la majorité du personnel nouvellement recruté vient d'un autre secteur d'activité. Plus que des savoirs-faire, les recruteurs vont s'attarder sur les savoirs-être d'un candidat. "Les entreprises vont chercher des « personnes qui captent vite » remarque Florence Fresse C’est un métier de protocole, très solennel". 

Selon Adrien, les situations cocasses sont plus nombreuses qu'on ne l'imagine. Mais quand il s'agit de "se retrouver au milieu d’une famille qui ne s’entend pas ou en face d'un collègue qui glisse en pleine cérémonie" Adrien se doit de garder son sérieux. "On sent parfois le rire venir mais on ne peut pas se le permettre, donc on prend sur soi" explique-t-il. A terme, Adrien souhaite ouvrir sa propre entreprise de pompes funèbres.

 

Laura El Feky © CIDJ
Article créé le 31-10-2018 / mis à jour le 31-10-2018