Agent immobilier : un métier qui doit se transformer

Agent immobilier, un métier qui se transforme

Notre fiche sur le métier d'agent immobilier est la plus consultée du site, pourtant ce métier n'a pas toujours une bonne image auprès du grand public. Avec l’essor des plateformes de relation entre particuliers ou le développement des visites virtuelles d’appartement en 360° certains se demandent même si on pourra demain se passer d’agent immobilier. Quel avenir pour les métiers de l’immobilier ? Cidj.com a enquêté.

Infirmier, vétérinaire, pompier…S’il y a des métiers qui font rêver dès l’enfance et véhiculent une bonne image auprès de la population d’autres font moins rêver. C’est le cas de l’agent immobilier.

Un métier qui n'a pas toujours une bonne image

D’après une étude Ifop/Optihome de juin 2017, 39% des français ont une mauvaise image de la profession. Commissions trop élevées, pratiques opaques, service décevant … Les reproches sont nombreux. 

"On nous reproche parfois d’être de simples ouvreurs de portes constate Nolween, diplômée d’un BTS PI C’est difficile de faire comprendre au client le prix de son bien et le montant de nos honoraires, surtout quand on est jeune et que l’on débuteLes gens pensent aussi que c’est de l’argent facile mais c’est un métier qui demande du travail et une grande disponibilité" confie celle qui a signé sa première vente de l’année, le 1er janvier, au lendemain de la soirée de réveillon du nouvel an ! 

"Les agents immobiliers sont régulièrement épinglés par la presse remarque de son côté Lisbeth Pasquet, professeure. On aborde ce problème-là dans la formation, on parle d’éthique, on insiste sur toutes les obligations que les professionnels de l’immobilier doivent remplir vis-à-vis de leurs clients et la façon de se comporter pour pallier à la mauvaise image et apporter le meilleur service possible".

Afin de mieux encadrer les pratiques des agences, il existe  désormais un conseil national de la transaction et de la gestion immobilière, créé par la loi Alur sur le logement et l'ubanisme.

Le métier d’agent immobilier risque-t-il d'être ubérisé ?

Avec le développement des plateformes de mise en relation entre un vendeur et un acquéreur, a-t-on encore besoin d’un intermédiaire pour réaliser une transaction ? Aujourd'hui, deux tiers des transactions passent toujours par une agence immobilière car vendre ou louer son logement par soi-même nécessite du temps.

De plus l’immobilier est un domaine où la règlementation évolue très vite. "Les décrets de la dernière loi n’ont pas encore été tous publiés qu’une nouvelle loi est déjà en préparation" pointe Jean-François Buet, président de la FNAIM "il faut faire de la veille en permanence pour se tenir informé des changements" prévient Nolween qui prépare une licence pro en alternance.

"Aujourd’hui le client a déjà beaucoup de connaissances sur le sujet, il vient consulter une agence immobilière après s’être déjà beaucoup renseigné sur internet, mais c’est un peu le syndrome Doctissimo, remarque Laurent Vimont président de Century 21 Ce n’est pas parce que les gens ont des infos, qu’ils sont experts. Les professionnels de l’immobilier doivent intervenir pour trier le vrai du faux et conseiller le client" explique-t-il.

Phénomène d’ubérisation dans l’immobilier ? Le président de Century 21 n’en est pas convaincu. "Plutôt que de subir la vague du numérique, il faut surfer dessus" préconise-t-il, optimiste

Le métier d’agent immobilier évolue, les compétences aussi

Si s’informer, trouver des conseils ou louer un bien via internet est possible, l’accompagnement est difficilement remplaçable par une machine. Les professionnels de l’immobilier ont une carte à jouer : leurs connaissances pointues et l’empathie nécéssaire. "Il faut une bonne capacité d’écoute pour être capable de résoudre l’équation entre le rêve du client et son budget afin que ça aboutisse à un projet immobilier" insiste le président de Century 21.

Plus qu’une disparition ou une création de métiers, on assiste plutôt à une évolution des métiers déjà existants qui entraine le développement de nouvelles compétences. "Des connaissances en webmarketing sont désormais appréciées pour mettre sur le marché des annonces numériques" remarque Jean-François Buet, président de la FNAIM. "De même, l'utilisation de la data permet de suivre les évolutions de prix sur un secteur ou de prévoir le comportement d’un client afin de savoir à quel moment le recontacter pour un nouveau projet immobilier".

La révolution digitale pousse les agences à aller au devant des consommateurs et à être encore plus soucieuses de la qualité du service rendu au client : "Il faut être curieux, regarder ce qui se fait ailleurs, et pas seulement auprès des concurrents qui font la même chose. Il faut regarder ce que propose les entreprises d’autres secteurs en matière d'expérience utilisateur" préconise Laurent Vimont, président de Century 21.

Laura El Feky © CIDJ
Article mis à jour le 11/01/2018 / créé le 04-12-2017