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La santé mentale des jeunes ne s’améliore pas en 2022

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La santé mentale des jeunes inquiète toujours.

Deux après le début de la pandémie de Covid-19, les indicateurs sur la santé psychologique des jeunes ne sont pas bons. Face à la hausse des idées suicidaires et des troubles anxieux, Claire Hédon, la Défenseure des droits, appelle à agir vite.

« La santé mentale sera une priorité nationale », avait déclaré samedi 2 avril 2022, le président-candidat, Emmanuel Macron, dans son seul meeting de campagne précédant le premier tour des élections présidentielles. Six mois plus tard, les chiffres sur la santé psychique n’ont guère évolué. Pire, certains indicateurs montrent une dégradation, en particulier chez les jeunes. 

Dans son point mensuel de novembre publié le 20 octobre 2022, l’Agence nationale de santé publique retient une hausse, par rapport au mois dernier, des passages aux urgences pour « idées suicidaires » chez les jeunes de 15 à 17 ans (+16 %) et pour « troubles anxieux », pour les 11-14 ans (+23 %).

Des passages aux urgences pour idées suicidaires plus nombreux qu’en 2021

« Chez les jeunes de 11 à 24 ans (et en particulier les 15-24 ans), les passages [aux urgences] pour idées suicidaires restaient à un niveau supérieur à ceux observés en 2021 », précise l’établissement public. Pour ce qui concerne les gestes suicidaires et les troubles de l’humeur, les accueils en urgence demeurent toujours élevés et comparables à ceux de l’an passé. Santé publique France retient également une hausse des actes médicaux pour « état dépressif » chez les jeunes de 18 à 24 ans (+34 %).  

De façon plus globale, la tendance haussière des passages aux urgences pour « idées suicidaires » s’observe également chez les adultes avec un bond de 13 % pour la tranche d’âge des 25-64 ans, soit des « niveaux très supérieurs à ceux observés en 2021 », complète l’Agence nationale de santé publique.

Des fermetures de lits en pédopsychiatrie

Le 2 juin 2022, la Défenseure des droits, Claire Hédon, exhortait déjà la Première ministre, Élisabeth Borne, à mettre en place un plan d’urgence pour la santé mentale des jeunes. Dans un contexte de « défaut de prise en charge des troubles de la santé mentale », aggravé de « manière très préoccupante » par « deux années de vagues épidémiques », l’autorité administrative dénonçait les fermetures de lits en pédopsychiatrie pour certaines structures « par manque de personnels et de moyens ». En amont de l’arrivée des enfants au sein des établissements pédopsychiatriques, après une tentative de suicide, la Défenseure des droits pointait les « défaillances des systèmes d’écoute et de recueil de la parole de l’enfant et de l’ensemble des actions de prévention qui auraient dû être mises en place ». Et pourtant, les 27 et 28 septembre 2021, le président de la République, Emmanuel Macron, avait annoncé, lors des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie, une série de mesures sur le sujet. 

Des espoirs demeurant « sans effet » pour la Défenseure des droits et le Défenseur des enfants. Dans un récent entretien accordé à la Voix du Nord, le 3 novembre 2022, Claire Hédon, s’insurge du manque de ressources disponibles pour répondre aux problématiques de santé mentale chez les jeunes et appelle à « donner des moyens humains et financiers aux professionnels de l’enfance, à la médecine scolaire, aux Maisons de l’adolescent ». Une manière de placer les pouvoirs publics face aux exigences fixées par le président de la République avant le début de son deuxième mandat. 

Pour tout problème de santé mentale (idée suicidaire, anxiété, stress chronique, perte d’estime de soi, troubles de l’humeur, etc...), rappelons qu’il est essentiel de se rapprocher d’un médecin. Celui-ci pourra, selon les situations, vous renvoyer vers un psychologue et/ou un psychiatre. Nous avons d’ailleurs ouvert récemment nos colonnes à la psychiatre Laelia Benoit qui prodigue de nombreux conseils pour vous aider à identifier ce qui cause les conflits psychologiques et autres dépressions.

Des dispositifs d'accompagnement psychologique gratuits

L’occasion de rappeler que plusieurs dispositifs permettant d’obtenir un accompagnement psychologique ont récemment été créés. C’est notamment le cas de Santé Psy Étudiant, ouvert depuis mars 2021 et prolongé jusqu’au 31 décembre 2022. Toutes personnes de plus de 3 ans a également la possibilité de bénéficier du dispositif Mon Psy, permettant le remboursement de 8 séances annuelles. Les Bureaux d’aide psychologique universitaires (Bapu) proposent également des consultations gratuites pour tous les étudiants. À noter que, de jour comme de nuit, des lignes téléphoniques gratuites (ou non surtaxées) restent à l’écoute pour vous aider.

- Le 31 14, numéro national de prévention du suicide : numéro gratuit garantissant une écoute professionnelle (par des infirmiers et des psychologues formés pour recueillir la parole) et confidentielle, 24 h/24 et 7 j/7. Site : Numéro national de prévention du suicide — 3114 

- Suicide Écoute (Tél : 01 45 39 40 00). : écoute des personnes confrontées au suicide. Permanence d’écoute téléphonique non surtaxée 24 h/24 et 7 j/7. Site : Suicide-ecoute.fr.

- Nightline France : service d’écoute nocturne et gratuit par des étudiants (formés au recueil de la parole) pour des étudiants. Le numéro à composer varie selon les villes. Site : Nightline France : pour une meilleure santé mentale étudiante

- Fil Santé Jeunes (Tél : 0800 235 236) : numéro gratuit et anonyme d’écoute et d’information à destination des jeunes pour parler santé, sexualité, amour ou mal-être (physique et mental), 7 j/7 sur 7, de 9 h à 23 h. Site : Filsantejeunes.com

La rédaction © CIDJ
Actu mise à jour le 11-11-2022 / créée le 11-11-2022

Crédit photo : Burst