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Bac pro et CAP : ce qui va changer

Un élève de lycée professionnel devant son établissement

Formation dévalorisée et peu attractive, poursuite d’études compliquée, taux d’insertion variable d’une spécialité à l’autre… L’enseignement professionnel qui compte près de 700 000 élèves inscrits en CAP, bac pro ou Mention complémentaire est souvent montré du doigt. Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a précisé plusieurs axes pour réformer l’enseignement professionnel. 

Un lycéen sur trois est en lycée professionnel. Après le bac général, c’est au tour de l’enseignement professionnel d’être réformé.

Campus professionnel, spécialisation progressive, test en 2nde…

Pour commencer, le ministre souhaite créer des "campus nouvelle génération" consacrés à un secteur d'activité et regroupant lycées pro, CFA, incubateur d'entreprises, Fablab... Ces campus, pensés comme des lieux de formation, d'innovation mais aussi des lieux de vie pourraient par exemple être dotés d'"internat, terrain de sport, espace vert", comme l’a évoqué en début de semaine Jean-Michel Blanquer au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV. 

Partant du constat que 58% des titulaires d'un CAP et 51% des titulaires d'un bac pro sont au chômage sept mois après leur diplôme, le ministre souhaite inscrire les lycée pro dans des réseaux thématiques afin de créer un lien direct entre les professionnels du secteur et les élèves en formation.

Comme pour le futur bac général, en lycée pro un test de positionnement sera prévu en début d'année de seconde afin d’évaluer le niveau des élèves et connaître leurs points forts et points faibles.

En CAP, il sera possible de suivre la formation en 1, 2 ou 3 ans. 

Pour mieux prendre en compte les métiers d'avenir, le ministre souhaite développer les formations qui répondent aux enjeux de demain (électromobilité, énergies renouvelables, gestion des eaux usées ou des déchets...). 

A l'inverse, le ministre a la volonté de transformer les filières qui insèrent mal sur le marché de l’emploi comme c'est le cas pour la spécialité gestion-administration, qui attire le plus grand nombre d'élèves mais affiche des taux d'insertion relativement bas (34%).

Par ailleurs, pour rendre plus lisible l'offre de formation, le ministre propose de regrouper en classe de seconde les formations en famille de métiers (métiers du bois, de la relation client, de bouche...) permettant ainsi aux élèves de ne se spécialiser qu’en classe de 1ère.

En classe de Terminale, deux modules seront proposés aux élèves. L'un pour les élèves souhaitant travailler après le bac, l'autre pour ceux préférant poursuivre en études supérieures. Dès la rentrée 2018, 2 000 places en classes passerelles seront d'ailleurs proposées aux élèves de la voie professionnelle qui souhaitent poursuivre en BTS.

Lire aussi notre article Bac pro industriels : des filières porteuses mais mal-aimées.

Pour en savoir plus sur la réforme du lycée professionnel.
 

Laura El Feky © CIDJ - 31/05/2018

Crédit photo : Redd angelo/Unsplash