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Faut-il parler de son handicap lors d'un entretien d'embauche ?

 Faut-il parler de son handicap lors d'un entretien d'embauche ?
© Goodluz / Fotolia

Devez-vous évoquer votre handicap lors d'un entretien de recrutement ? Cela vous desservira-t-il ou, au contraire, cela constituera-t-il un atout pour votre candidature ? Éléments de réponse.

Lorsque l'on est en situation de handicap, on n’a pas forcément envie d’en parler, surtout lors d’un entretien de recrutement. On peut craindre que son futur employeur réagisse mal et que cela desserve sa candidature.

Mais, à l’inverse, un recruteur, parce qu’il aura été sensibilisé au sujet, qu’il mènera une politique volontariste en la matière ou, plus pragmatiquement, qu’il sera soumis à l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés, pourra avoir un regard bienveillant sur un candidat en situation de handicap.

"Si une entreprise a une politique visible en matière de handicap, si, dans la fiche de poste, il est déclaré que l’emploi est ouvert aux bénéficiaires de l’obligation d’emploi, il est recommandé de se manifester, conseille Jean José Valéro, président de l’Association travail et handicap dans la recherche publique (Atharep). Il ne faut pas avoir peur d’en parler : une bonne entreprise acceptera de recruter un salarié en situation de handicap."

Soyez sincère

Il vaut mieux, en effet, jouer la transparence et être accepté tel que l’on est, avec ses forces, ses compétences et son handicap. Cela permet d’établir d’emblée une relation professionnelle sincère et saine, et d’éviter d’être déçu.

"Auparavant, j'intégrais mon CV sur le site de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) sans notifier mon handicap. Des recruteurs, intéressés par mon profil, me contactaient et lorsqu’ils entendaient que je parlais avec un synthétiseur vocal, ils ne me rappelaient pas. Dorénavant, j’écris sur mon CV que je suis muette :  les employeurs savent à quoi s’en tenir", explique Kinta Mendy, recrutée au poste de développeuse web en novembre 2015 par Implicit, éditeur de logiciels (lire son témoignage dans notre dossier Trouver un emploi avec un handicap, ndlr) .

Rassurez le recruteur

Parler de son handicap dès la première rencontre permet aussi d’éviter de se voir reprocher par son employeur de l’avoir dissimulé.

"Si c’est pour intégrer une entreprise sans mentionner son handicap et avoir ensuite des problèmes parce que l’on a du mal à assumer son travail, il vaut mieux le dire dès le départ", rappelle Jean-Emmanuel Wright, trésorier de l’Atharep. D'autant plus que la Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) donne droit à des aménagements de poste pour le salarié et à des aides financières pour les réaliser. 

Si vous évoquez votre handicap au moment d’un entretien de recrutement, l’employeur vous demandera probablement l’impact qu'il aura sur votre travail. Il convient alors de le rassurer.

"Il est préférable de parler de contre-indication plutôt que de maladie. Par exemple, si une personne répond à une offre pour un emploi administratif et qu’elle souffre d’un problème de dos, elle peut expliquer que, du fait de son handicap, elle ne peut pas lever de charges de plus de 5 kg mais qu’elle n’a aucune contre-indication pour le poste", suggère Thierry Lamandin, responsable du Cap emploi du Rhône, organisme de placement au service des personnes handicapées et des employeurs.

Évoquez les aménagements de poste

Si vous souffrez d’un handicap visible, la question de le notifier lors de l’entretien ne se posera pas. Peut-être l’aurez-vous même indiqué au moment de la candidature. Lorsque vous vous retrouverez face au recruteur, n’hésitez pas à parler des aménagements de poste possibles.

Cette question ne doit pas être taboue. Au contraire, présenter les solutions techniques pour travailler dans les meilleures conditions pourra rassurer un futur employeur.

"Si le candidat décide de parler de son handicap, il doit être à l’aise avec son choix. Il ne faut pas se cacher derrière son handicap, au contraire, il faut dédramatiser", souligne Chanaël Lenoir, directrice générale adjointe d’Ethik Management, qui intervient auprès des entreprises désireuses de recruter des candidats en situation de handicap. 

Misez sur vos compétences

Votre handicap ne doit pas vous "handicaper" au moment de l’entretien car c’est d’abord pour vos compétences que vous avez été reçu. C’est sur ce point que vous devez vous focaliser.

"Il est fini le temps où les entreprises recrutaient des personnes handicapées pour faire des photocopies. Il n’y a plus d’emplois "réservés". Les postes sont adaptés et les grandes sociétés y veillent par le biais de leur mission handicap. Ce qui compte avant tout, c’est  le fait que le candidat "en veuille", c'est sa personnalité", insiste Claude Legras, responsable de l’association Hanvol qui vise l'insertion professionnelle de personnes en situation de handicap dans l'industrie aéronautique et spatiale.

Si vous avez les compétences, que vous êtes enthousiaste et que vous montrez votre motivation, votre profil intéressera le recruteur. S’il s’agit d’une entreprise soumise à l’obligation d’emploi car elle compte plus de 20 salariés, votre handicap ne sera plus un frein mais, au contraire, un atout.

Parler de son handicap une fois en poste
Ameur Gacem, élève en BTS assurance et en alternance à la MAAF : "Je n'ai jamais hésité à parler de mon handicap à mes collègues : les réactions sont toujours bonnes. Ils font plus attention à moi et font en sorte que je me sente bien. Récemment, nous avons reçu des stocks de calendriers pour les clients. Mes collègues, connaissant ma faiblesse au bras gauche, n'ont pas hésité à m'aider. S'ils n'avaient pas été au courant, mon attitude aurait pu être mal vue. Les choses sont plus simples quand elles sont claires. Tout le monde peut un jour se retrouver handicapé : ça ne doit pas être un tabou." Lire le témoignage d'Ameur Gacem ici.

Réagir en cas de discrimination
Si vous pensez avoir subi une discrimination lors d'un recrutement du fait de votre handicap, n'hésitez pas à saisir le Défenseur des droits. Il pourra tenter une médiation, demander réparation ou mener une action en justice.

Isabelle Fagotat

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