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Emploi des personnes en situation de handicap : état des lieux

Emploi des personnes en situation de handicap : état des lieux
© Karin Hildebrand Lau / Fotolia

C’est pour lutter contre l’exclusion des personnes en situation de handicap que les lois de 1987 puis de 2005 ont fixé l’obligation aux établissements et entreprises de plus de 20 salariés d’employer au moins 6 % de personnes en situation de handicap. Qu’en est-il aujourd'hui ?

En 2016, 29 % des établissements assujettis à l’obligation d’employer au moins 6 % de salariés en situation de handicap respectent cette obligation. Pour les entreprises privées, le taux d’emploi direct de travailleurs handicapés était, en 2012, de 3,1 %. Dans le secteur public, il était de 4,9 % en 2013.
En ce qui concerne le milieu protégé, en 2014, près de 120 000 personnes travaillaient en établissement et service d'aide par le travail (ESAT) et 31 000 en entreprises adaptées (EA).

Un taux de chômage important

D’après la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares), le taux de chômage des personnes justifiant d’une reconnaissance administrative d’un handicap était, en 2013, de 18 %, soit presque deux fois plus que pour l’ensemble des personnes de 15 à 64 ans (10 %). Chez les 15-24 ans, il atteignait même les 33 %.
Quatre actifs handicapés sur dix déclarent cependant ne pas avoir connu de difficulté spécifique dans leur recherche d’emploi, selon l’enquête « Le handicap dans le monde du travail », réalisée en juin 2016 par Ipsos marketing pour le Fonds Handicap et Société. 

Des projets de recrutements

Entreprises du tertiaire, industries, établissements médico-sociaux, tous les acteurs économiques cherchent à recruter des salariés handicapés pour atteindre le taux obligatoire de 6 %. Orange, qui comptait quelque 4700 salariés en situation de handicap en France et affichait un taux d'emploi de 5,46 % en 2013, s’est engagé à intégrer sur la période 2014-2016 368 salariés handicapés dont au moins 100 en CDI. Safran qui compte plus de 1 700 travailleurs handicapés, soit près de 4,1 % de ses effectifs, prévoit le recrutement de 90 salariés ainsi que la formation de 90 alternants et de 80 stagiaires en situation de handicap. Le groupe bancaire BPCE qui affiche un taux d’emploi de 4,34 % table sur l’embauche de 300 collaborateurs handicapés à l’horizon 2016. Le groupe La Poste prévoit quant à lui le recrutement de 350 personnes et de 240 stagiaires en situation de handicap d’ici fin 2017.

Des taux d’emploi variables par secteur

Si de nombreuses structures sont encore en deçà du taux des 6 %, certaines le dépassent : dans le secteur des services aux entreprises, par exemple, les groupes Samsic et GSF affichent respectivement un taux de 8 % et 7,7 %. Dans les hypermarchés Carrefour (grande distribution), il est de 8 %. À l’inverse, d’autres secteurs peinent à remplir leurs obligations : les sociétés d’assurance ne comptaient par exemple que 2,9 % de salariés handicapés en 2014. Les entreprise de services du numérique ont également du mal à recruter des candidats en situation de handicap.
Ces différences s’expliquent principalement par le niveau de formation requis pour obtenir un poste dans ces secteurs. Les candidats en situation de handicap étant généralement moins diplômés que les valides, ils ont plus de mal à être embauchés. 

Des secteurs perçus plus « handi-accessibles »

Conscients de cette réalité, les personnes en situation de handicap ont tendance à s’auto-censurer. « Elles recherchent un emploi principalement dans les services à la personne, les fonctions support, le commerce, la grande distribution et la logistique. Elles sont surreprésentées en nombre dans les métiers de l’installation et de la maintenance, de la pêche et dans les fonction support. Or d’autres options professionnelles s’offrent à elles comme le transport », souligne Laetitia Leleux, chargée études et développement à l'Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion des personnes handicapées).
« Il est important qu’elles cassent les clichés qu’elles peuvent avoir sur certains métiers. À l’Agefiph, notre objectif est de développer la diversité d’offres de postes handi-accessibles. Il existe aujourd’hui de nombreux dispositifs pour faciliter l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap. Elles ne doivent donc surtout pas se mettre de barrière », conseille Annick Montfort, la directrice de l’évaluation et de la prospective à l’Agefiph.

Des dispositifs pour l’emploi des travailleurs handicapés

L’Agefiph propose des dispositifs financiers spécifiques pour faciliter l’insertion professionnelles des travailleurs handicapés et inciter les employeurs à les recruter : aide à l’insertion professionnelle, aide au contrat de professionnalisation, au contrat d’alternance, aide au suivi post-insertion d’une personne handicapée sortant d’ESAT, aide à la création et à la reprise d’entreprise….

Une personne justifiant du statut de travailleur handicapé jouit par ailleurs de certaines dérogations : « elle est éligible aux contrats aidés de type CUI-CIE ou CUI-CAE (contrat unique d’insertion, contrat initiative emploi, contrat d’accompagnement dans l’emploi), elle peut bénéficier d’un contrat d’avenir jusqu’à 30 ans et d’un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation sans limite d’âge », indique Thierry Lamandin, responsable du Cap emploi du Rhône.

L’alternance est en effet un bon moyen d’obtenir un poste en particulier dans des secteurs qui exigent un niveau de qualification élevé. En 2014, le nombre de personnes handicapées recrutées en alternance a augmenté de 20 % (plus de 5 700 contrats). 

Isabelle Fagotat

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