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Travailler dans le cinéma : les conseils pour y arriver

Travailler dans le cinéma : les conseils pour y arriver
© LEF

Réalisateur, scénariste, ingénieur du son, chef opérateur… Les métiers du cinéma et de l’audiovisuel vous attirent ? Les professions sont souvent difficiles d’accès et le traditionnel schéma études-candidatures-boulot ne fonctionne pas forcément dans ce milieu. Pour se faire une place, un bon réseau est bien souvent indispensable.

Si s'insérer dans le milieu du cinéma n'est pas facile, cela n'est pas non plus impossible ! Voici des conseils pour y arriver.

Il n’y a pas que les longs métrages

Travailler sur des longs métrages est le rêve de beaucoup d’étudiants en cinéma. Mais il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus.

En France, moins de 300 films seulement sont produits tous les ans. Les opportunités professionnelles sont à donc chercher dans l’audiovisuel au sens large.

"On a aujourd’hui plus de 560 chaînes télé, 6 300 stations de radios et 3 600 web TV à titre professionnel qui cherchent des personnes capables de faire de la vidéo ou du son", affirme Alain Bienvenu, directeur de l’ESRA Bretagne à Rennes (35).

"Les plus grands réalisateurs ont fait des publicités ou des films institutionnels. Ce n’est pas une honte, au contraire", rappelle de son côté le cinéaste Benoit Labourdette. "Dans l’audiovisuel, faire un film et le montrer quel que soit le cadre c’est formateur et prétexte à rencontrer des gens et donc à constituer son réseau", poursuit-il.

La vidéo évolue, les métiers aussi

Quand on parle audiovisuel, on pense principalement au cinéma et à la télévision. Mais le film institutionnel a pris beaucoup d’ampleur ces dernières années.

"Ça ne coûte plus très cher de faire une vidéo pour le web et la moindre petite entreprise veut s’y mettre", constate le cinéaste Benoit Labourdette. 

Mais, souvent, les budgets sont plus serrés pour le web que pour la télé. Et un petit budget induit une petite équipe. On demande donc des professionnels polyvalents. Là où sur un même projet étaient embauchés un preneur de son, un caméraman et un monteur, c’est aujourd’hui souvent la même personne qui prend en charge toute ces étapes.

Premières missions souvent peu rémunérées et peu gratifiantes

Il faut être réaliste et conscient des difficultés à s’insérer après des études dans le cinéma.

"Sur l’ensemble de la promo, on sait que les 30 élèves ne seront pas réalisateurs à la sortie de l'école", reconnaît Laurianne, 28 ancienne diplômée de l’École de la Cité de Saint-Denis (93). "Il n’y en a qu’un seul qui réalisera un long métrage, les autres trouveront des boulots en machinerie (mouvement caméra, ndlr) ou dans le montage", explique-t-elle.

L’entrée dans la vie active peut alors paraître un peu rude. "Ce n’est pas évident car pendant deux ans on est en pleine effervescence. J’ai été une journée sur un tournage de Luc Besson, j’ai fait un stage lumière de 6 mois sur celui de Jackie avec Natalie Portman, on réalise de nombreux courts métrages", confie Laurianne. "Mais, depuis janvier, je suis sur des projets non rémunérés et pas toujours intéressants", ajoute-t-elle. C’est bien souvent un passage obligatoire dont la jeune femme est consciente. Les premières missions payées peuvent mettre du temps à arriver. 

Constituer sa propre famille de travail

Sur un tournage, quand on travaille avec une petite équipe, il faut que ça fonctionne et qu’il y ait une bonne entente immédiatement. "Il n’y a pas de DRH qui gère le personnel comme dans une entreprise. Pour former une équipe, ce n’est donc pas qu'une question de CV", remarque le cinéaste. 

D'après lui, s’épuiser à essayer de décrocher des stages sur des grands tournages pour entrer dans le milieu n’est pas forcément une bonne idée. Il considère que le schéma classique "études-CV-boulot" est un leurre dans ce milieu qu'il reconnaît assez fermé. 

"En revanche, travailler avec des pairs et proposer des choses permettent d’être dans l’action, d’avancer et de construire son propre réseau et cela me semble plus efficace", conseille-t-il.

Rien n’empêche de scruter les annonces et d’envoyer des candidatures à côté. Au contraire, il faut le faire ! Mais se limiter à cela n'est pas conseillé. Car le risque existe de trouver de nombreuses portes fermées et de se décourager.

Valoriser ses compétences

Cela fonctionne beaucoup par réseau. Pour Laurianne, la jeune diplômée, "il est important d’être pro, fiable et gentil pour donner envie aux gens qui ont travaillé avec vous de vous rappeler".

Selon Benoît Labourdette, tout commence d'abord par donner envie aux autres de vous rencontrer. "Je reçois très souvent des demandes de stage de persones qui me disent je veux travailler avec vous pour parachever mon parcours professionnel, déplore-t-il. Moi je me moque de leur parcours professionnel ! Ce qui m’importe, c’est ce qu’on peut s’apporter les uns aux autres".

Il faut donc bien savoir mettre en valeur ses compétences. Exit aussi la lettre non personnalisée et insipide. "Une lettre type ça se sent, on voit que la personne ne s’est intéressée ni au projet ni à la structure. Elle cherche juste une opportunité professionnelle et ça ne donne pas envie. Le cinéma repose sur l'humain et pas sur le travail désincarné", poursuit-il.

Un milieu où il faut oser

Dans le milieu du cinéma et de l'audiovisuel, il est important d’être ouvert à la rencontre et ne pas hésiter à montrer son travail, même si ce n’est pas toujours évident. "Moi j’ai toujours peur quand je réalise quelque chose et que j’en parle à quelqu’un. Mais il faut surmonter cette appréhension, confie Benoît Labourdette, cinéaste. Il faut sortir de l’entre-soi et oser."

"Mais oser ne veut pas forcément dire y aller au culot", rassure Laurianne qui se dit plutôt timide. Le bagout n’est pas toujours apprécié et il y a différentes manières d’aborder les gens.

"ll ne faut pas hésiter à se rendre à des salons professionnels ouverts au public, essayer de nouer des contacts avec des professionnels et échanger avec eux", poursuit la jeune femme. Cette dernière vient d’ailleurs de réussir à obtenir une convention de stage auprès de l’association Altermedia et commencera bientôt un stage chez un loueur de caméra. Un moyen pour elle d'approcher de potentiels recruteurs qui viendront chercher leur matériel de tournage.

Se former tout au long de sa carrière

Ne croyez pas que vous allez faire une formation en cinéma et qu’après vous serez quitte. Tous s’accordent pour dire que, dans l’audiovisuel, il faut toujours être en processus d’auto-formation. Laurianne, par exemple, vient tout juste d’être diplômée mais elle songe sérieusement à se former au métier relativement récent de Digital imaging technician (DIT).

Conférences, master class, formation continue, MOOC… Les possibilités pour se former tout au long de sa carrière sont nombreuses. Il ne faut pas négliger non plus l’apprentissage non formel, où les compétences sont acquises lors de projets personnels.

"Il n’est pas toujours nécessaire d’avoir le diplôme qui va avec, constate le cinéaste Benoît Labourdette. Quand j’ai quitté la fonction publique au bout de 7 ans pour devenir intermittent du spectacle, j’ai été embauché comme monteur et chef opérateur à la TV. Je n’avais pas forcément le diplôme adéquat mais j'avais acquis les compétences. Pendant toute ces années, parallèlement à mon travail, j’avais continué à faire des films."

Bien choisir sa formation

BTS audiovisuel, licence et master universitaires, écoles de cinéma… Pour se former aux métiers de l’audiovisuel et du cinéma, le choix est vaste et il y a de quoi s’y perdre.

Avant d’opter pour l’une ou l’autre des formations, il est important de bien se renseigner sur les différents cursus, la proportion de théorie et de pratique, l’insertion professionnelle des étudiants, le coût de la formation et son sérieux, la qualité de l’enseignement, la mise à disposition par l'établissement de matériel audiovisuel…

Une formation très axée sur la théorie et la culture générale n’est pas forcément inintéressante pour alimenter ses futurs projets et n’empêche pas pour autant de toucher aussi un peu à la pratique Lire le témoignage d’Ethel, étudiante en L3 Cinéma.

"Le parcours professionnel est un chemin personnel et n’est pas entièrement déterminé par le fait d’avoir fait telle ou telle école, considère Benoît Labourdette. Même quand on a fait la Fémis, qui est a priori la plus grande école de France, les étudiants sont sur le marché du travail comme les autres. Ce qui fait que les élèves vont mieux réussir, c’est parce qu’ils auront su construire de bons projets ensemble."

Lire notre article Quelles formations pour travailler dans le cinéma et l'audiovisuel ?

Pratiquer avant de se lancer

De chez soi et avec peu de matériel, on peut déjà commencer à créer des choses et à les partager sur Internet. Avant même d’intégrer l’École de la cité, Laurianne réalisait déjà des courts métrages. "Je travaillais en parallèle de mes cours dans un cinéma. Cela m’a permis de m'acheter du matériel vidéo et surtout de rencontrer d'autres personnes passionnées aussi de cinéma. Ensemble, on s'est mis à faire des courts métrages", explique-t-elle.

Idem pour le cinéaste Benoît Labourdette : "Avec des copains on n’était pas dans le milieu mais on avait juste envie de faire des films", se souvient-il. "Il faut se lancer ! Même avec un smartphone on peut déjà faire des choses. L'important est de le faire sérieusement et de s'investir", insiste-t-il.

Laura El Feky

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