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Plongeur démineur dans la Marine nationale : un métier aux multiples facettes

Plongeur démineur dans la Marine nationale : un métier aux multiples facettes
© Marine Nationale

Neutraliser ou contreminer des munitions en mer et sur terre, secourir des civils, expertiser des épaves... Les plongeurs démineurs accomplissent de nombreuses missions. Rencontre avec l'enseigne de vaisseau 1re classe Valentin.

Cela fait deux ans que l’enseigne de vaisseau 1re classe Valentin a revêtu la combinaison de plongeur démineur de la Marine nationale. D’abord gendarme, fusillé marin, commando dans la Marine puis officier, c’est tout naturellement que ce commandant adjoint du chasseur de mines tripartite « Céphée » à Brest est devenu plongeur démineur. "Je suis issu d’une famille de plongeurs et de chasseurs sous-marins. Après avoir quitté les commandos de la Marine, je n’ai donc pas hésité longtemps avant de me lancer dans l’aventure de plongeur démineur", raconte-t-il.

Selon le niveau d’emploi (si le plongeur démineur possède un brevet d’aptitude technique, un brevet supérieur, un brevet de maitrise, ou qu’il est officier), ses missions peuvent varier. Le plongeur démineur doit neutraliser ou contreminer des engins explosifs, c’est-à-dire respectivement les rendre inopérants sans les détruire ou les faire exploser. Il peut être amené à agir non seulement sous l’eau mais aussi sur terre. Il peut intervenir sur des bombes d’aviation, des mines antipersonnel, des roquettes, des grenades ou encore des engins explosifs improvisés (IED).

"ll peut aussi avoir une mission d’expertise d’épave", explique l’enseigne de vaisseau 1re classe Valentin. Soit le plongeur démineur s’assure qu’une épave est sans danger pour des plongeurs civils qui souhaitent l’explorer, soit il expertise une épave à la suite d’un naufrage. Dans ce dernier cas, malheureusement,"on peut être amené à remonter les corps des victimes à la surface", indique le plongeur démineur.

Ces professionnels peuvent être en opération dite de surmine dont l’objectif est de sécuriser les approches de certains ports. "Nous sommes aussi formés au génie sous-marin pour venir secourir des bateaux, par exemple, ou relever du fond différents types de charges", précise également le militaire.

Être en forme physiquement et mentalement

Ce métier est exigeant et demande de la rigueur. "On doit être capable de se remettre en question", explique l’enseigne de vaisseau 1re classe Valentin. "Il faut être très sérieux car face aux munitions, on n’a pas le droit à l’erreur." Il n’est pas indispensable d’être un bon plongeur avant de s’engager. La Marine forme et apprend parfaitement à avoir les bons réflexes.

Il faut également avoir une bonne condition physique. "Parce qu’on a un appareil sur le dos qui peut peser jusqu’à 50 kg et qui nous permet de plonger jusqu’à 80 m de profondeur", indique le plongeur démineur. Mais aussi parce que ces professionnels peuvent être amenés à plonger dans des conditions difficiles : eau froide, trouble, forts courants.

Être fort mentalement est indispensable. Il faut être capable de s’engager même dans les moments difficiles où la fatigue et le froid, par exemple, peuvent se faire sentir. "Le travail doit être fait malgré tout", explique le militaire.

Savoir travailler en équipe est primordial. Les plongeurs démineurs agissent toujours en binôme. "Un jour, mon binôme a eu un accident de plongée et c’est moi qui ai dû le remonter à la surface", se souvient le plongeur démineur.

« Un métier valorisant et passionnant »

Le métier de plongeur démineur ne laisse pas de place à la peur. "On a un entrainement et une formation qui font qu’on ne prend pas de risque ou, si l'on en prend, ils sont calculés. On connait la dangerosité du travail, on y est préparé", explique l’enseigne de vaisseau 1re classe Valentin. "Si on devient plongeur démineur c’est rarement par hasard. On sait à quoi s’attendre".

Son meilleur souvenir reste d’avoir contreminé une mine allemande en baie de Seine à 30 mètres de fond. "C’était ma première mine sous-marine", se souvient-il. Mais pas n’importe laquelle. « Il s’agit d’une des munitions qui a tué le plus de démineurs pendant la Seconde Guerre mondiale. Autant dire que c’est LA mine qu’on adore traiter."

La routine n’existe pas dans ce métier. "On n’a pas trop moyen de s’ennuyer !", explique le plongeur démineur. De nombreuses munitions sont encore présentes sur les plages. 120 ans de dépollution seraient nécessaires sur la façade de la Manche et 60 ans sur la façade Atlantique pour les débarrasser de l’ensemble des engins explosifs.

"C’est un métier valorisant et passionnant. Je fais de la plongée, j’agis sur des munitions et je permets aux civils de naviguer, plonger et pécher en toute sécurité. Je suis utile aux autres tout en faisant une activité qui me plaît ", conclut-il.

Marine Ilario & Emilie Grégoire

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