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Se faire recruter par un serious game

Se faire recruter par un serious game
© Apops / Fotolia

Pour élargir leur recrutement à des profils plus atypiques, certaines entreprises sélectionnent leurs candidats par le biais de jeux de simulation virtuels. C’est le cas de Verisure par Securitas Direct qui a développé les « Victorious games » pour embaucher ses commerciaux terrain. Première étape du processus de recrutement : le candidat se met dans la peau d’un commercial terrain sur une plateforme en ligne et doit faire face à diverses situations qu’il aura à gérer dans son futur poste. 

Vous connaissez les serious games ? Ces « jeux sérieux » en ligne permettent de découvrir un métier, une entreprise, de tester ses compétences ou ses capacités. Les serious games ont une visée pédagogique, informative, communicationnelle... 

Certains employeurs ont choisi de les utiliser à des fins de recrutement. C’est le cas de Verisure par Securitas Direct, groupe spécialisé dans les systèmes d’alarme et de télésurveillance.
L’entreprise a décidé de recruter une partie de sa force commerciale par le biais des « victorious games ». Le principe : se mettre dans la peau d’un commercial terrain, d’abord via une plateforme web où le candidat s’immerge dans l’environnement de l’entreprise, puis lors d’une journée recrutement où les candidats jouent des jeux de rôle de négociation avant de participer à une journée sur le terrain avec leur futur chef d’équipe.
Les explications de Denis Tesson, responsable des opérations ressources humaines chez Verisure par Securitas Direct et d’Emilie Tortora, fondatrice de Coxybiz, l’éditeur du serious game. 

Quelle est la politique de recrutement du groupe ?

Denis Tesson

Nous sommes un groupe mondial composé de 1 800 collaborateurs en France. Notre marché est en très forte croissance. Nous recrutons 150 personnes par an à des postes de commerciaux, des métiers en lien avec la relation client, des fonctions cadres et des métiers support.

Pour recruter les commerciaux terrain, nous avons mis en place les victorious games. Si un candidat n’a pas de formation ou d’expérience spécifique dans la vente, il est invité à s’inscrire sur la plateforme pour participer au jeu. Si son essai est concluant, il poursuit le processus de recrutement.

En quoi consistent les victorious games ?

Emilie Tortora

Le candidat se met dans la peau d’un commercial terrain et vit une journée-type. Il prospecte des clients dans un quartier pavillonnaire.
Il doit réagir à diverses situations. Par exemple, il se retrouve devant un immeuble équipé d’un digicode. Que fait-il ? L’objectif est d’évaluer la réaction du candidat, son endurance, son enthousiasme, son attitude…
Pour participer aux victorious games, il suffit de s’inscrire en indiquant son nom, prénom, mail et mot de passe. 

Pourquoi avoir décidé de recruter par le biais d'un serious game ?

Denis Tesson

Nous avons souhaité recruter nos commerciaux terrain sans CV ni lettre de motivation, mais au travers d’un concept : le recrutement en immersion.
En se mettant dans la peau d’un commercial terrain sur la plateforme dédiée, le candidat a une vision très concrète du métier. S’il est recruté, il intègre le poste en connaissance de cause.

Les victorious games nous permettent par ailleurs de repenser la manière de recruter nos collaborateurs et de donner la chance à chacun. Il est en effet difficile d’évaluer les compétences commerciales d’une personne lors d’un entretien en face-à-face classique surtout si elle n’a jamais eu ni formation, ni expérience dans la vente. Grâce aux victorious games, nous avons recruté des candidats issus de milieux différents (un assistant d’éducation, un gendarme, un vendeur dans un magasin de sport, un fleuriste…).

Pourquoi avoir réalisé des serious games dédiés au recrutement ?

Emilie Tortora 

J’ai constaté que les dirigeants d’entreprise avaient tendance à recruter des candidats ayant le même type de profil et issus des mêmes écoles cibles. Pour avoir travaillé sur les questions de diversité, d’égalité des chances et de responsabilité sociale des entreprises, je suis convaincue que des équipes avec des collaborateurs aux profils différents sont sources de richesse. 

D’ailleurs, lorsqu’en 2013, nous avons réalisé un serious game pour nos premiers clients sur un poste de community manager, ce sont deux étudiantes en lettres et en histoire de l’art qui ont été retenues. Les personnes qui avaient une formation en marketing et communication n’ont pas été sélectionnées. 

En savoir plus

Isabelle Fagotat

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