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Rêv'elles accompagne et coache les filles dans leur projet professionnel

Rêv'elles accompagne et coache les filles dans leur projet professionnel

Pendant une semaine, au cours des vacances scolaires, des jeunes filles issues de quartiers populaires, sont accompagnées et coachées.
Objectif : les aider à prendre confiance en elles, à s’orienter, à choisir un parcours, un métier, un projet en accord avec leurs valeurs et leurs envies. Reportage.

Elles ont entre 15 et 20 ans et s’appellent Mélissa, Habiba, Sarah, Fatou ou Linda. Elles viennent d’Aulnay-sous-bois, de Gennevilliers, de Bondy... .

Pendant plus d’une semaine, 41 filles ont été coachées et accompagnées pour prendre confiance en elles, en leur forces et leurs qualités afin de définir un projet professionnel en accord avec leurs envies et leurs valeurs.
Du 6 au 10 février, elles ont bénéficié des conseils bienveillants et avisés des « facilitatrices » de Rêv’elles, association qui, depuis 2013, propose des programmes d'aide à l'orientation pour les jeunes femmes issues de milieux populaires. 

Grâce aux séances de travail en groupe et au coaching individuel, elles ont appris à se connaître.
Elles ont entendu des témoignages de femmes issues, comme la plupart d’entre elles, de l’immigration.
Elles ont visité les entreprises L’Occitane et Dow et ont ainsi pu découvrir les coulisses du monde professionnel, l’ambiance dans les bureaux, différents métiers.
Elles ont aussi participé à des simulations d’entretiens avec des recruteurs.

Toutes réunies pour pitcher leur projet

Vendredi 10 février, Paris, mairie du 19ème arrondissement. Dernière journée du Parcours Rêv’elles.
Aujourd’hui, les filles doivent pitcher leur projet devant une cinquantaine de « rôles-modèles », des femmes issues de milieux professionnels divers et variés. J’en fais partie.

La journée débute par une séance de mise en énergie mentale et corporelle animée par Anna Ivacheff, danseuse professionnelle et facilitatrice de Rêv'elles. Il s’agit de réveiller corps et esprit en danse et en musique. Dans le rire et la joie, sans gêne ni tabou. Toutes ensemble. 

Des témoignages inspirants

Place ensuite au témoignage de Chadria et Emira. Elles ont toutes deux la quarantaine. L’une est manager dans une agence de tourisme, l’autre a créé son cabinet d’architecture. 

Elles racontent leur jeunesse, l’école, leurs envies, les injonctions familiales, les doutes, les galères, les gens qui leur ont fait confiance, les rebondissements, les satisfactions, leur parcours de vie.

« Ce n’était pas gagné », résume Emira. « La plupart de mes confrères architectes sont des hommes blancs souvent plus âgés que moi : quand ils me voient débarquer pour la première fois, ils se demandent qui je suis ! Mais ils apprécient généralement de travailler avec moi car j’ai évolué sans mentor en développant mes propres méthodes.
Ça n’a pas été simple. Mais depuis que j’ai créé mon entreprise, je m’éclate. Aujourd’hui, j’ai gagné ma liberté et je profite de la vie : je voyage, je danse, je pratique le piano… Désormais, j’essaye de faire les choses pour moi. »

Permettre aux filles de se "révéler"

C’est là tout l’enjeu d’un parcours Rêv’elles : grâce aux témoignages de femmes inspirantes et au coaching, il doit permettre aux jeunes filles de se « révéler », de ne pas se limiter dans leur désir futur, d’ouvrir leur horizon en prenant conscience de leur envie et de leur potentiel

« Quand on leur demande la profession qu’elles envisagent. Beaucoup de filles répondent « caissière » ou « auxiliaire de puériculture ». Notre objectif est de leur permettre de voir plus loin, de s’imaginer avocate, ingénieure ou consultante et de s’orienter vers un métier qui leur plaît », résume Samira Seltani, formatrice et facilitatrice de Rêv ‘elles.  

Notre mission : écouter le pitch des filles et les débriefer

14h. Toutes les rôles-modèles sont arrivées. Nous sommes une cinquantaine.
Certaines travaillent dans l’industrie, d’autres dans l’économie sociale et solidaire, d’autres dans les ressources humaines. Certaines sont juristes, cheffes d’entreprises, journalistes présentatrices, ingénieures, formatrices, scientifiques…
Notre mission : écouter le pitch des filles, les débriefer de façon bienveillante et constructive et les conseiller sur les actions à mener pour réaliser leur projet.

Nous prenons place par 4 ou 5 autour des tables.  Avec moi, il y a Marguerite, chorégraphe qui a créé sa compagnie de danse, Flore, directrice RSE (responsabilité sociale et environnementale) d’un grand groupe, Marie-Hélène, responsable des ressources humaines chez un opérateur de logements sociaux et Véronique, coach spécialisée en reconversion professionnelle.
Cinq filles s'assoient en face de nous.

En guise de gong, Annie Mantel, autre facilitatrice de Rêv’elles, fait vibrer le bol tibétain. 

C’est parti ! 

Le projet de Sarah : travailler dans la finance

Sarah se lance. Elle a 14 ans, elle est en troisième. Elle a souhaité participer au parcours Rêv’elles parce qu’elle voulait y voir plus clair sur son orientation et pour avoir plus confiance en elle.

Elle explique : « Au cours de cette semaine, j’ai pu définir les valeurs qui sont importantes pour moi : la sécurité, la bienveillance, le respect.
Je suis parvenue à mieux identifier mes qualités : je pense être battante et curieuse.
Les visites en entreprise m'ont donné envie de travailler dans la finance. Pour en savoir plus, je vais aller à la rencontre d'étudiants en école de commerce. »

Nous sommes toutes épatées par la précision de son projet : en une semaine à peine, un long chemin de réflexion et d'analyse a été parcouru ! 
A tour de rôle, nous lui faisons part de nos remarques : elle s'exprime de façon claire et déterminée et son enthousiasme est contagieux !
Nous lui conseillons de poursuivre son travail d'enquête en allant à la rencontre de professionnels dans la finance mais aussi dans d’autres secteurs, pour découvrir de nouveaux métiers.

Le bol tibétain retentit. 

Mélissa : "je voudrais découvrir les métiers du tourisme"

Mélissa, en terminale L, se lève.
« J’apprécie les voyages et les langues étrangères. Je voudrais découvrir les métiers du tourisme et intégrer une école spécialisée. »

Je lui conseille de ne pas hésiter à multiplier les expériences à l’étranger pour pratiquer les langues et lui parle des possibilités proposées par le programme Erasmus+ et par le service volontaire européen. J’évoque aussi avec elle la possibilité de partir en tant que fille au pair. 

Le bol retentit.

Une dizaine de filles ont pitché devant nous.
Toutes soulignent l’intérêt d’avoir pu échangé avec nous, du retour que nous leur avons fait, des conseils que nous leur avons donnés.
Quant à nous, nous sommes toutes bluffées par leur pitch et par la fluidité et l’aisance avec lesquelles elles l’ont présenté du haut de leur 15, 18 ou 20 ans.

Aider les filles à développer leur réseau

Nous nous retrouvons pour un temps informel autour d’un verre. Objectif : poursuivre les échanges et permettre aux filles de développer leur réseau

Mélissa me rejoint. Elle souhaiterait en savoir plus sur les moyens de partir à l’étranger que je lui ai précédemment évoqués.
Je lui parle du CIDJ, des possibilités de rencontrer gratuitement un conseiller et de participer à l’atelier « partir à l’étranger ».
Elle est ravie. Elle viendra : c’est sûr !

La journée se termine par le témoignage de deux rôles modèles, Diarata N’Daye, fondatrice de Résonantes, qui lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes, et Ranzika Faid, cofondatrice de Mobil ‘douche, qui met à disposition des sans-abris un camion pour se doucher.

Leur parcours sont bouleversants. Et leur engagement tout autant. 

Athina, fondatrice de Rêv'elles  : " Quand on se met en action, tout est possible"

Athina Marmorat, fondatrice de Rêv’Elles, prend la parole : « Quand j’étais jeune, j’ai toujours trouvé injuste de constater que certaines de mes copines ne pouvaient pas bénéficier des mêmes avantages que moi : elles ne pouvaient pas accéder à certaines études, partir en voyage…
Avec Rêv’elles, à chaque vacance scolaire, des filles sont accompagnées. Elles ont la chance de pouvoir rencontrer des femmes inspirantes qui leur prouvent que quand on se met en action, tout est possible. » 

Tour à tour, en musique et sous les applaudissements, les filles montent sur scène pour récupérer leur trophée.
Tout sourire.
De la confiance et de l’assurance, au cours de cette semaine, elles en ont acquis, sans aucun doute.

Et je me mets à rêver : « si tous les enfants avaient la chance de bénéficier pendant une semaine d’autant de soutien, de conseils et de bienveillance, de nombreux parcours de vie en seraient changés… »

Pour participer
Les parcours Rêv'elles sont gratuits. Ils sont organisés en région parisienne pendant les vacances scolaires d'octobre, de février et d'avril. Ils s'adressent aux filles de 14 à 20 ans.
Pour en savoir plus, rendez-vous ici ou contacter le 01 40 35 24 82.

Isabelle Fagotat

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