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Réalité virtuelle, quels métiers pour demain ?

Réalité virtuelle, quels métiers pour demain ?
© LEF

La réalité virtuelle, VR, est un secteur en plein développement qui va impacter notre vie de tous les jours, nos loisirs, nos manières de nous former et d'apprendre. Mais aussi les formations, les métiers et l'emploi. Quelles utilisations de la réalité virtuelle au quotidien ? Quels profils recherchés ? Réponses des professionels de la réalité virtuelle.

La VR (Virtual reality) n’en est pour le moment qu’à ses débuts. Tous les secteurs d’activité commencent à s’en emparer. Et l’impact ne touchera pas que les professionnels. Tout le monde s’accorde à dire qu’elle sera de plus en plus présente dans notre quotidien. On pense, bien sûr immédiatement aux jeux vidéos et à toutes les applications ludiques que peuvent apporter cette technologie. Mais elle a bien d’autres applications dans tous les domaines d’activité. "La VR permet d’apprendre, de se former, de s’informer et même de se soigner. Elle jouera un rôle important dans la communication, l’événementiel, "elle permet de se projeter dans des endroits inaccessibles, voyager ou redécouvrir des monuments disparus", expose Olivier Godest, fondateur du salon Virtuality.

Se soigner, guérir ses pires phobies grâce à des applications VR 

Se soigner ou se former avec la VR serait donc possible ? L’université de médécine Paris Descartes, a déjà formé 6 000 professionnels de santé avec cette technologie. Pourquoi la VR est-elle particulièrement utile dans ce cas ?  "Lorsqu’on se forme, on peut se tromper et dans le domaine de la santé une erreur peut être dramatique. Avec la réalitée virtuelle, se tromper ne présente aucun risque", explique Enguerrand Habran, directeur du pôle innovation de la fédération hospitalière de France. La VR trouve aussi des applications thérapeutiques. Le docteur Eric Malbos du CHU de Marseille soigne les phobies en confrontant les malades à leurs angoisses. "Emmenez quelqu’un en haut d’une falaise peut être dangereux, en VR ça ne l’est pas ! ", ajoute Enguerrand Habran. Sarah Mariotte, fondatrice de smart VR Studio a innové en montrant que la VR pouvait avoir aussi une utilité auprès des grandes causes sociales et environnementales. "Nous avons créé une expérience interactive qui permet de se mettre à la place d’un réfugié. Les gens peuvent se mettre à la place d’un homme ou d’une femme fuyant la guerre. C’est un moyen aussi de mieux prendre conscience d’un sujet d’actualité", explique-t-elle.

La réalité virtuelle recherche des profils plutôt techniques, créatifs et généralistes 

La réalité virtuelle va t-elle générer beaucoup d'emplois ? « Il est encore trop tôt pour le dire. Tout est en train de s’inventer en ce moment. L’engouement est fort pour cette technologie mais elle doit encore se démocratiser », tempère Samuel Pott, créative technologist chez Nightshift. Les profils les plus demandés aujourd’hui restent les métiers techniques comme développeur ou modélisateur 3D temps réel. « Les employeurs apprécient les profils un peu bidouilleurs et curieux avec quand même une formation technique en informatique par exemple ou une école de l’image ou de cinéma. On a besoin de généralistes pas de spécialistes car tout est encore à inventer », ajoute-t-il.

Une technologie proche du jeu vidéo

Jean-François Cœur est passionné par la réalité virtuelle et a décidé de se spécialiser après un diplôme d’ingénieur informatique. Il suit le master jeu vidéo et transmédia aux Gobelins, l’école de l’image. "Pour travailler dans ce domaine, il faut au minimum un DUT informatique. La réalité virtuelle et les jeux vidéos utilisent des technologies qui sont proches. Elles ont la même problématique de rendu en temps réel. Les formations en jeux vidéos ou cinéma d’animation sont donc des formations valables pour travailler dans la réalité virtuelle et bien souvent les écoles proposent des options VR en fin de parcours", explique-t-il. Mais conseille-t-il, "mieux vaut être fort dans son domaine car il y a beaucoup plus de demandes que de postes. Le secteur grossit mais reste petit. Ce sont les meilleurs qui sont pris."

Un nouveau métier : designer de réalité virtuelle

Strate, l'école de design, a elle aussi compris l’impact de cette technologie dans les métiers du design. « Le besoin est venu des industriels qui ont vu cette technologie arrivée sans savoir toujours quoi en faire. Le rôle du designer est de mettre en adéquation les besoins des utilisateurs avec les technologies existantes. Nous sommes au début d’une aventure. Il y a un monde à créer. C’est une vraie opportunité pour les étudiants car il y a un gros potentiel d’emploi. Je ne connais pas un domaine qui ne sera pas impacter par cette technologie. Le métier de designer de réalité virtuelle est en train de se construire » raconte Damien Legois, directeur du département immersive design à Strate.

D’autres métiers voit également le jour comme créativ technologist

Samuel Pott est creative technologist au sein de Nightshift, société de post-production audiovisuelle. Ce métier est encore peu répandu en France mais il intéresse de plus en plus les marques qui cherchent sans cesse à imaginer de nouvelles expériences interactives pour le consommateur. La créativité et la technologie sont désormais liées. "Mon métier est à la frontière de l’artistique et du technique. J’aide les équipes artistiques à trouver des adaptations technologiques à leurs idées, à les tenir au courant des nouvelles technologies et inversement j’apporte de l’artistique aux développeurs et aux techniciens. Ce métier est particulièrement important dans la réalité virtuelle car cette technologie exacerbe les différences entre graphistes et techniciens. Aujourd’hui, des réalisateurs de cinéma traditionnel se lancent dans la VR. Ils connaissent très bien la narration dans le cadre d’un film mais dans la VR c’est très différent. Mon métier consistera à accompagner le réalisateur dans son projet en lui expliquant les contraintes de cette technologie pour que son idée prenne corps et soit faisable. De même, beaucoup de développeurs viennent du monde des jeux vidéos mais n’ont pas forcément de notions de mise en scène et de narration adaptés pour la VR. Je ne suis pas un artiste génial ni un développeur magicien mais je comprends les aspects techniques et artistiques ce qui me permet de faire la passerelle entre les deux mondes."

Il faut savoir coder et avoir un sens artistique

Jusque-là le métier était accessible à des profils séniors mais il s’ouvre aussi aux juniors. « C’est un profil de curieux. Personnellement j’ai fait une école de Bande dessinée et petit à petit j’ai commencé à développer des jeux sur Internet. Je suis devenu un peu développeur et j’ai toujours gardé cette curiosité. Il faut savoir coder et avoir un sens artistique. » Pour devenir creative technologist, les formations assez généralistes sont à privilégier comme l’UTC Compiègne, CentraleSupélec, Epitech, Eisti, masters universitaires (Paris-VIII, Lyon-II, Toulouse-III..), mais aussi des écoles d’arts graphiques (Beaux-arts, école Estienne..) ou de design (Iscom, Ecole internationale de design…).

Réalité virtuelle : des métiers encore à inventer

On l’aura bien compris tout est donc encore à imaginer. Mais, rassure Sarah Mariotte, fondatrice de Smart VR studio, "si les métiers techniques sont certes absolument indispensables, il faut aussi des chefs de projet, des communicants, des créatifs, des chargés de marketing qui vont imaginer les expériences VR pour les marques… " Et sans doute bien d’autres métiers sont encore à inventer. "Si le domaine vous intéresse, faites de la veille sur Internet et les réseaux sociaux. En faisant cela, vous identifierez vite les acteurs importants, les entreprises, les professionnels. Allez les rencontrer sur les salons, les forums, les conférences. Beaucoup d’entreprises sont en forte croissance et vont chercher à recruter. Ce sont les plus motivés qui décrochent les emplois", conclut Olivier Godest.

Laura El Feky et Valérie François

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