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Le quotidien d'un gardien de la paix

Le quotidien d'un gardien de la paix

Cheveux attachés et casquette sur la tête, Emna Guellim, gardien de la paix au commissariat de Versailles depuis 3 ans, est prête à partir en patrouille. L’occasion pour cette jeune femme de 28 ans de nous parler de son parcours, de son métier qu’elle pratique avec passion et fierté, et de son quotidien de femme policière.

Une vocation

Depuis l'enfance, Emna veut être utile aux autres. C’est après le bac qu’elle prend le chemin de la police nationale : « Mon bac L en poche, j’ai fait 1 an 1 an de lettres modernes et 1 de droit. Et je me suis rendue compte que tous les métiers liés à la justice me plaisaient beaucoup, c'est cela qui me motivait. »

Elle n’a pas pour autant brûlé les étapes. Son bac lui ouvrait les portes du concours de gardien de la paix. À la place, elle a préféré passer le concours d’adjoint de sécurité, accessible sans diplôme : « La formation d’adjoint de sécurité est plus courte que celle de gardien de la paix. Je ne voulais pas m’engager sans connaître le monde de la police. C’était un bon moyen de découvrir le métier. Aujourd’hui, je suis très fière de porter l’uniforme. »

Pas de journée type

Quand elle arrive le matin, aux alentours de 7h30, Emna Guellim enfile sa tenue par-dessus son gilet pare-balles et prend son arme de service. On lui indique les deux ou trois personnes qui feront équipe avec elle toute la journée et la patrouille peut commencer.
« Il n’y a pas de journée type lorsqu’on est en patrouille. Elles sont toutes différentes. Il y a une diversité dans les interventions, en fonction de l’actualité et des demandes du public. »

Dans leur voiture, Emna et ses collègues sillonnent l’agglomération de Versailles à la recherche de comportements qui peuvent sembler étranges voire suspects et de flagrants délits. « Notre travail est de lutter contre la délinquance, la criminalité, l’immigration illégale… La station directrice, sur laquelle tombent les personnes qui composent le 17, nous prévient sur les ondes qu’il y a eu une agression par exemple, à tel ou tel endroit. A ce moment-là, on arrête tout et on se rend sur le lieu pour intervenir. »

Préparés au stress

Lorsqu’on demande à Emna comment elle fait face aux situations de stress, sa réponse est catégorique : « Nous y sommes préparés. Nous n’y pensons pas, nous restons très professionnels et très solidaires entre nous. Le plus important est la sécurité. On nous apprend dès l’école de police à intervenir avec des gestes techniques et professionnels d’intervention. Nous avons des séances de tir incluant du stress, avec les lumières éteintes, des gyrophares, des cris…».

Cette préparation lui a permis de gérer au mieux la situation lorsqu’un homme a braqué son arme sur elle et ses collègues : « C’était une arme factice, mais il nous était impossible de le voir, il faisait nuit. Nous lui avons demandé de la lâcher à plusieurs reprises. Il a fini par obtemperer. »

Le terrain, mais pas seulement

Les patrouilles, les interpellations et les arrestations ne sont pas les seules tâches que doit exécuter la jeune femme. Être gardien de la paix, c’est aussi beaucoup de travail administratif. À la fin de chaque patrouille, elle doit, avec l’aide de ses coéquipiers du jour, rendre compte à l’écrit de toutes les interventions effectuées. « On retranscrit tout ce que l'on voit, chaque intervention. Il faut être très méticuleux et très rigoureux quand on fait un acte de procédure. Nous sommes les yeux et les oreilles des magistrats et des officiers qui sont dans les bureaux. Parfois, le premier acte de mon intervention peut être celui d’un homicide volontaire. Ma saisie sera le premier papier de la procédure. C’est très important. »

Si, pour certains, cette partie du métier est un peu moins palpitante, ce n’est pas le cas pour Emna : « Comme dans tous les métiers il y a des tâches que l'on préfère et d'autres moins, mais j’arrive toujours à trouver un côté positif. Même quand je suis en garde statique avec mon arme devant une porte, je veille quand même sur la patrie. C’est notre devise. Et j’aime le contact avec le public.»

Plus tard, Emna Guellim souhaiterait faire de l’investigation. Gérer des enquêtes, mener des procédures et rendre des comptes au parquet. Mais en attendant, elle préfère « chasser le délinquant » comme elle dit : « Pour l’instant, je me concentre sur le terrain, j’acquière de l’expérience. J’apprends mon métier, tout simplement. »

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