Entraîneur sportif à temps partiel par passion du basket

Mardi soir, premier entraînement de la semaine pour Stéphane et l'équipe Capsaaa de basket fauteuil. Peu à peu les vestiaires se remplissent, on sort les ballons, le terrain s'anime. Stéphane est prêt : "Allez les gars, on y va !" Il est 20 heures, les choses sérieuses peuvent commencer.

En déplacement tous les week-ends

"Je suis entraîneur sportif, en complément de mon travail au Comité régional handisport d'Ile-de-France, les mardis et jeudis soirs. Et je passe mes week-ends en déplacement avec mes joueurs pour les compétitions.

C'est fatigant, surtout que j'exerce mon métier de conseiller technique à temps plein, mais j'aime ça ! Je n'ai que 30 ans, et je sais que je devrais lever le pied plus tard. Ces postes sont prenants et physiques, d'autant qu'il faut aussi gérer le stress lié aux compétitions.

Mais on peut toujours évoluer vers d'autres fonctions, dans la coordination d'éducateurs ou de compétitions, par exemple."

J'ai choisi de me spécialiser dans le handisport pendant mes études

"Au Comité handisport, j'ai une mission de coordination de deux éducateurs, des stagiaires de filière Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives), mais aussi de compétitions ou d'événements de sensibilisation organisés pour les entreprises et les collectivités.

Avant de décrocher ce poste, j'ai accumulé les expériences dans le milieu du sport : avec un public valide tout d'abord, puis dans le handisport quand j'ai choisi la licence APA (activités physiques adaptées). J'ai notamment fait de l'encadrement en collège et primaire, été entraîneur de basket pour les poussins, minimes et cadets et éducateur sportif en hôpital psychiatrique.

En master, j'ai opté pour la conduite de projets, le développement des territoires et la promotion de l'activité physique à destination des collectivités. Finalement, j'ai été embauché au Comité comme assistant du conseiller technique, poste que j'ai repris cinq ans plus tard."

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Rencontrer régulièrement les professionnels du secteur, ça aide !

"A mes débuts, mon salaire net était de 1 400 €. Depuis, j'ai été augmenté d'environ 400 €. La vie est chère à Paris et mon travail d'entraîneur sportif me permet de gagner plus.

C'est aussi l'occasion de continuer à rencontrer les acteurs du secteur en me rendant aux compétitions. À terme, cela pourra me permettre de saisir d'autres opportunités de poste. Plus on est visible et curieux, plus grandes sont nos chances de durer et de trouver des jobs intéressants dans le domaine de l'handisport !

De plus, l'option "éducation et motricité" est très demandée en fac de sport. La filière est relativement bouchée et l'option "activités physiques adaptées" est souvent la voie de secours.

Résultat : il y a beaucoup de diplômés pour un nombre de postes restreints. Cela dit, cette spécialisation couvre le handicap mental, le handicap moteur et sensoriel, l'obésité et le vieillissement, ce qui multiplie les possibilités d'emplois."

L'entraîneur sportif doit se mettre en situation

"Quand j'ai décidé d'entraîner une équipe de basket fauteuil, je me suis mis en situation en fauteuil pour comprendre les mouvements et les difficultés auxquelles étaient confrontés les joueurs... J'ai aimé cette pratique : il y a des sensations de glisse et de vitesse qu'on ne retrouve pas dans le basket valide.

J'ai une chance rare : celle de faire des métiers en lien avec ma passion ! C'est de toute façon primordial car sinon on serait vite démotivé. Les entraînements jusqu'à 22h et les déplacements ne sont pas toujours simples à concilier avec une vie familiale !"

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