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Emmanuelle Jarnot, une femme aux commandes d’un navire

Emmanuelle Jarnot, une femme aux commandes d’un navire
© ERA

Emmanuelle Jarnot est devenue en 2011 la première femme commandant d’un navire transportant marchandises et passagers entre le continent et la Corse. Désormais seule maître(sse) à bord, son ascension est un modèle dans ce monde où les femmes sont rares. Témoignage.

Depuis 2011, Emmanuelle Jarnot est responsable d’un navire de 550 passagers, 150 voitures et 46 membres d’équipage. Si cette fille de marin ne rêvait pas précisément de devenir un jour commandant, elle a su très jeune qu’elle travaillerait sur un bateau. “Quand mon père était en escale en France, j’allais le voir sur le port. Il me faisait monter sur son bateau, je faisais des manœuvres avec lui, j’adorais ça !”

C’est donc tout naturellement qu’Emmanuelle intègre l’école de la Marine marchande, où elle est la seule femme au milieu d’une classe de garçons. “Je savais à quoi m’attendre en devenant marin. Si une jeune fille veut faire ce métier, elle doit se préparer à l’idée qu’elle travaillera dans un monde d’hommes. Moi, je baigne dans ce milieu depuis que je suis enfant, j’étais donc préparée !”

Des voyages au long cours passionnants

Emmanuelle débute en naviguant au long cours, partant 3 ou 4 mois sans revenir au port. Sa passion la mène sur les remorqueurs de haute mer, où elle fait du sauvetage et du remorquage international.

Elle vogue ensuite sur toutes les mers du globe avec les chercheurs en océanographie de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer). “J'ai eu la chance d’admirer des paysages splendides, de voir toutes sortes d’animaux, des tortues, des phoques… Cela fait partie de mes plus beaux souvenirs.”

Des allers-retours entre Marseille et la Corse

“Je pensais pouvoir continuer à naviguer ainsi tout le temps, mais j’ai compris que ce ne serait plus possible avec des enfants. Beaucoup de femmes marins arrêtent pour cette raison.” Une fois son contrat à l’Ifremer terminé, Emmanuelle a la chance de trouver un poste de lieutenant à la Méridionale, compagnie maritime qui assure les rotations quotidiennes entre Marseille et la Corse.

“Je travaille un mois entier à bord du navire. Les traversées se font de nuit : nous arrivons tôt le matin à destination, et je travaille sur le bateau à quai jusqu’au départ suivant, à 19h. J’alterne une journée en Corse et une journée à Marseille. Ce mois de travail est intense et épuisant, surtout lorsque la mer est mauvaise, mais extrêmement varié et passionnant. Il n’y a jamais de routine !”

Le mois suivant, Emmanuelle ne travaille pas. “J’apprécie vraiment cette organisation qui me permet, quand je suis là, de profiter de mes enfants à 100 %. Eux aussi aiment cette alternance !”

 


J’ai su faire mes preuves à tous les échelons

En treize ans de Méridionale, Emmanuelle gravit peu à peu tous les échelons. Arrivée en tant que lieutenant, elle occupe successivement les postes de second mécanicien, puis de commissaire responsable du service de l’hôtellerie-restauration du navire, et devient enfin capitaine en second.

“Je suis passée par tous les services du navire, de la machine au pont. J’étais sûrement un peu plus attendue au tournant qu’un homme, mais j’ai fait mes preuves et j’ai su me faire respecter. Ma nomination en tant que commandant n’a donc surpris personne.”

Deux ans à terre, c’est long !

Dans le cadre de sa nouvelle fonction, Emmanuelle doit rester à terre pendant deux ans pour s’occuper de sécurité, d’environnement et de qualité. Ce passage obligé lui permettra de mieux connaître l’entreprise et d’être plus à l’aise dans son poste de commandant.

“Cela fait 8 mois que je n’ai pas navigué, ça ne m’était jamais arrivé. En restant aussi longtemps à terre, je vois bien que je ne me suis pas trompée. Ma vocation, c’est vraiment la mer ! J’ai hâte de repartir !”

 

Valérie François

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FAQ
Les femmes travaillent-elles dans tous les secteurs ?

Pas vraiment, puisque 50,6 % des emplois occupés par des femmes en France sont concentrés dans 12 familles de métiers (essentiellement les métiers de service), alors qu'il en existe 87 au total !

Etudes supérieures
Les filles sont-elles moins diplômées que les garçons ?

Non : 51 % des femmes sortent diplômées du supérieur, contre 31 % des garçons.

Etudes supérieures
Les filles sont-elles moins douées en sciences que les garçons ?

Non, c’est un cliché qui a la vie dure ! En réalité, les filles ont d’aussi bons résultats en maths que les garçons.

Etudes supérieures
Existe-t-il officiellement des métiers d’homme et des métiers de femme ?

Non ! Selon la loi, hommes et femmes peuvent accéder à tous les métiers.

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