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Sexisme dans le jeu vidéo : un phénomène qui persiste

Sexisme dans le jeu vidéo : un phénomène qui persiste
© PGW2015

D'après une étude du SELL (Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs), 49 % des joueurs sont des femmes. Pourtant, sur des forums spécialisés ou les chats de jeux vidéo, certaines continuent à subir des commentaires déplacés. Enquête auprès d'une professionnelle, d'étudiantes et de gameuses sur le sexisme dans le jeu vidéo.

 

Du côté des professionnelles du jeu vidéo

Quand on évoque le sexisme dans les jeux, on marche vraiment sur des œufs, explique Mélanie Christin, fondatrice du studio Atelier 801 à Lille (59). Mais je pense qu’il est important d’en parler et d’inciter davantage de filles à se lancer dans ce milieu. Le tout est d'en avoir envie."

Pour cette designer, créatrice du jeu vidéo Transformice : "Le sexisme va bien au-delà du jeu vidéo, c’est un problème global. La société renvoie l’idée que le jeu vidéo est un monde d’hommes, comme si le côté technique leur était réservé. D'ailleurs, les filles ne sont pas assez encouragées à se diriger vers des formations scientifiques ou techniques."

Une situation qui n’a pas toujours été la règle. "Dans les années 80, la programmation renvoyait au travail des secrétaires. Il y avait donc plus de femmes que d’hommes programmeuses. Ce n’est que plus tard, quand le codage s'est professionnalisé, que la tendance s’est inversée et les femmes ont été évincées ! Cela prouve qu’il n’y a aucune barrière physique ou intellectuelle qui puisse expliquer la prédominance masculine dans ce domaine", explique Mélanie Christin.

Loin de prôner une discrimination positive pour les femmes, elle encourage les jeunes filles à écouter leurs envies. "Si des filles veulent se lancer dans le jeu qu’elles le fassent ! Ne vous dévalorisez pas, faites-vous confiance et surtout ne vous sentez pas illégitimes parce que vous êtes une femme."

À Lisaa (Institut supérieur des arts appliqués), les élèves des sections jeux vidéo 2D et 3D ne se sentent pas discriminées parce qu'elles sont des filles. "Je n'ai pas senti que c'était compliqué d'être une fille parce qu'il y en a de plus en plus, surtout en design. Je n'ai jamais essuyé de remarques déplacées ou irrespectueuses", raconte Romane. Avis partagé par Albane :"C'est une autre mentalité. La question d'être une fille ou un garçon ne se pose pas. On est gamer, c'est tout."
Pour Chloé : "C'est une question de génération. Dans notre formation, ça se passe bien parce qu'on passe les mêmes nuits à travailler ensemble, on vit la même chose, donc le sexe ne change rien."
Sam nuance un peu mais reste positive : "C'est compliqué, mais c'est en train d'évoluer et les filles sont de plus en plus acceptées parce qu'elles apportent un côté féminin aux jeux vidéo et un autre point de vue."

Du côté des gameuses, propos sexistes, insultes gratuites...

Pour les gameuses, le sexisme est ambiant, notamment sur les forums ou les chats de jeux vidéo. Mélanie, étudiante en communication en a longtemps fait les frais : "Je joue depuis mes 10 ans et j'ai été confrontée à des propos sexistes dès le début. Pendant mon adolescence, j’ai essuyé beaucoup de remarques déplacées." Et Mélanie ne mâche pas ses mots : "En fait, on remet en question mon niveau de jeu juste parce que j’ai une paire de seins ! Je trouve ça dommage, parce que si on joue c’est simplement par plaisir. Peu importe qui est derrière l’écran."

Des comportements qui ne l’ont pas empêchée de continuer à jouer. "Je n’ai jamais fui un jeu parce que j’étais victime de propos ou d’insultes en tout genre. Je pense qu’il ne faut pas avoir peur des mots écrits par ordinateurs interposés. Ce sont des insultes faciles parce que les gens se sentent plus forts derrière leur écran."

Vers une évolution des comportements ?

Les commentaires sexistes ont forgé la personnalité de Mélanie. Des propos qui se tarissent avec le temps. "Je me rends compte, avec le recul, qu’il y a davantage de respect quand les joueurs sont plus âgés. Le type de jeu et, donc, de communauté influent aussi beaucoup sur les comportements."

Marine Ilario

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