Notez !
Votre notation : Aucun(e) Moyenne : 4.5 (2 votes)

Contraception d’urgence : la pilule du lendemain

Contraception d’urgence : la pilule du lendemain
© Katie Little / Fotolia

Les jeunes filles peuvent avoir envie de garder le secret quand elles recourent à un moyen contraceptif. La loi les protège en leur permettant d’accéder en toute confidentialité à une contraception, notamment en cas d’urgence.

Si vous vous retrouvez en situation d’urgence suite à un rapport sexuel non protégé, vous pouvez vous procurer gratuitement et anonymement une contraception d’urgence appelée “pilule du lendemain”.

La prise de la pilule du lendemain première génération, qui s'appelle Norlevo ou Lévonorgestrel Biogaran, doit intervenir le plus rapidement possible après un rapport sexuel non protégé ou mal protégé (rupture du préservatif, par exemple), au maximum dans les 72 heures (3 jours) qui le suivent. La nouvelle pilule du lendemain (ellaOne) peut être utilisée jusqu'à 5 jours après le rapport.

Pour toute question sur la contraception d’urgence : Fil Santé Jeunes ou Piluledulendemain

Si vous êtes mineure

Vente libre en pharmacie

Si vous avez moins de 18 ans, la pilule du lendemain est gratuite. Il vous suffit de vous présenter dans une pharmacie et de déclarer oralement que vous êtes mineure (art. D.5134-1 du Code de la santé publique). Le pharmacien n’a pas le droit d’exiger de votre part une pièce d’identité ou votre carte Vitale.

Avant de vous délivrer la pilule du lendemain, le pharmacien doit s’entretenir avec vous pour s’assurer que votre situation correspond aux critères d’urgence et aux conditions d’utilisation de cette contraception. Cet entretien lui permet également de vous fournir une information sur l’accès à une contraception régulière, sur la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST) et sur l’intérêt d’un suivi médical. Cette information est complétée par la remise de documentation. Enfin, le pharmacien doit vous communiquer les coordonnées du CPEF le plus proche.

Bon à savoir. La pilule du lendemain est également accessible dans les centres de planification et d’éducation familiale. Démarche gratuite et anonyme pour les mineures.

Au collège ou au lycée

Si vous demandez une contraception d’urgence auprès d’un infirmier scolaire, celui-ci doit commencer par vous proposer de parler de votre démarche avec l’un de vos parents (ou un représentant légal). Mais vous avez parfaitement le droit de refuser.

L’infirmier doit vous indiquer que la contraception d’urgence ne constitue pas une méthode régulière de contraception et qu’elle peut ne pas être efficace dans tous les cas. Vous serez également informée que ce médicament ne peut être administré de manière répétée et que son usage ne peut être banalisé.

Si aucun médecin, aucune sage-femme ou aucun CPEF n’est immédiatement accessible et si vous êtes en situation de détresse, l’infirmier peut, à titre exceptionnel, vous donner la contraception d’urgence pour éviter une grossesse non désirée, dans un local permettant le respect de la confidentialité. Il doit alors s’assurer de la prise effective du médicament et du respect de la posologie.

Ensuite, l’infirmier organise un suivi de chaque élève à laquelle une contraception d’urgence a été administrée. Dans tous les cas, il lui appartient de veiller à la mise en œuvre d’un accompagnement psychologique de l’élève et d’un suivi médical par un CPEF, ou d’un médecin traitant ou spécialiste visant à :

- s’assurer de l’efficacité de la contraception d’urgence, notamment en conseillant un test de grossesse lorsqu’il est constaté un retard de règles ;
- prévenir les infections sexuellement transmissibles et le sida, notamment en vue d’un dépistage et, éventuellement, d’un traitement précoce ;
- discuter d’une méthode de contraception régulière adaptée à son cas.

Bon à savoir. Une contraception d’urgence peut aussi être délivrée dans les services de médecine de prévention des universités. Ces services s’assurent de l’accompagnement psychologique des étudiantes et veillent à la mise en œuvre d’un suivi médical (art. L.5134-1 du Code de la santé publique).

Si vous êtes majeure

Si vous êtes une lycéenne majeure et que vous demandez une contraception d’urgence, l’infirmier scolaire doit vous informer des différentes possibilités d’accès à la contraception d’urgence : médecin, pharmacie, CPEF, urgences hospitalières… Si nécessaire, il doit aussi vous aider à prendre un rendez-vous. Dans tous les cas, vous pouvez refuser que votre famille soit mise au courant de votre démarche.

Si aucun médecin, aucune sage-femme ou aucun CPEF n’est immédiatement accessible et si vous êtes en situation de détresse, l’infirmier peut, à titre exceptionnel, vous donner la contraception d’urgence pour éviter une grossesse non désirée, dans un local permettant le respect de la confidentialité.

Le droit au secret médical

Que vous soyez mineure ou majeure, le médecin (ou tout autre professionnel de santé) à qui vous avez fait part de votre démarche pour obtenir une contraception n’a pas le droit d’en informer directement vos parents ou des proches. Même s’il s’agit de votre médecin de famille !

La violation du secret médical peut être punie de 15 000 € d’amende et d’un an de prison (art. L.1110-4 du Code de la santé publique). Le médecin peut également se voir infliger des sanctions disciplinaires par le Conseil de l’ordre et être condamné à verser des dommages et intérêts à la personne qui aurait subi un préjudice du fait de la révélation d’informations médicales la concernant.

Anaïs Coignac - Anne-Marie Le Gall

Besoin de rencontrer un conseiller ?

Infos et conseils prés de chez vous dans tout le réseau Information Jeunesse...

Plus de 1 500 centres d'information Jeunesse vous accueillent à travers toute la France.