Notez !
Votre notation : Aucun(e) Moyenne : 2.8 (4 votes)

Manon, Youtubeuse, revisite l'histoire et ça marche !

Manon, Youtubeuse, revisite l'histoire et ça marche !
© Manon Bril

A l'occasion de la semaine de l'entrepreneuriat féminin, nous mettons en avant des femmes à l'esprit d'entreprise. Aujourd'hui, voici Manon, 29 ans. Elle a créé en 2015 la chaîne sur Youtube "C’est une autre histoire". Elle y parle de sa passion pour la mythologie sur un ton humoristique et décalé.

Vous saviez que Nike vient du grec ancien Niké ? Et à votre avis qu'est-ce que cela veut dire ? Non pas du tout ce que vous croyez. Cela veut dire victoire. Grâce à Manon Bril et sa chaîne Youtube "C’est une autre histoire", vous allez apprendre en vous amusant. Manon dépoussière l’antiquité et fait du relooking mythologique ! Non, elle ne joue pas les Christina en redonnant un nouveau look aux dieux et déesses du Panthéon. Elle raconte d’abord avec humour, sur un rythme enlevé, un vocabulaire simple et accessible, l’histoire des divinités de l’antiquité. Puis elle nous explique ce que ces divinités sont devenues au fil de l’histoire. Bref, elle fait ce que l’on appelle de la vulgarisation. Ainsi, nous apprenons qu’Athéna déesse de la guerre et de la sagesse est sortie de la tête de Zeus, qu’elle était intelligente, rusée, fine stratège et qu’elle refusait l’amour.  Le contraire du rôle que lui a donné le dessin animé, « Les chevaliers du Zodiaque » qui l’a transformée en héroïne mièvre et … amoureuse du héros. Nous découvrons aussi qu’Aphrodite, la déesse de l’amour était loin d’être douce et aimante, que Zeus aurait dû être mangé par son père ! Bref, comme l’écrit souvent Manon sur ses vidéos, « la mythologie, c’est sympa ! » Elle propose aussi de décrypter une œuvre d’un musée ou de visiter New York autrement en nous emmenant découvrir les détails ignorés de la grande pomme. Bref Manon a de la ressource pour nous faire aimer l’histoire.  

52 000 abonnés en un an

Voilà à peine un an que l’aventure Youtube a commencé et la chaîne affiche déjà plus de 52 000 abonnés. L’idée a germé lorsque cette doctorante en histoire a participé en 2015 au concours « Ma thèse en 180 secondes ». "Nous avons eu une formation pour apprendre à vulgariser du contenu scientifique. Ca m’a beaucoup plu. Puis avec un copain, nous avons participé à un concours de court métrage que l’on a posté sur Viméo. On faisait la visite de Toulouse autrement, à travers des petits détails de la ville que personne ne remarque. La vidéo a eu beaucoup de succès. C’est comme cela que l’idée d’une chaîne Youtube a germé. Finalement deux mois plus tard, nous avons sorti nos premières vidéos", raconte Marion.


Suivez votre idée. N'essayez pas d'imiter ce qui se fait déjà

"Ce qu’il faut avant tout, c’est trouver une idée, un concept bien à soi, se forger une identité forte. Si l’on veut copier un Youtubeur, ça ne marchera pas. En ce moment, la vulgarisation scientifique marche bien. Démarrer dans l’humour devient de plus en plus difficile car il y a beaucoup de concurrence. Mais, avant tout, il faut trouver quelque chose qui nous passionne car cela demande beaucoup d’investissement. Moi, j’ai fait ce qui m’amusait et surtout ce que j’avais envie de voir, loin des chaînes d’histoire classiques sur fond de vieux livres et de meubles anciens", ajoute Manon.

Il faut surtout du bon son et poster régulièrement


Côté technique, Manon s’est formée sur le tas. « J’ai la chance d’avoir un ami cadreur professionnel mais c’est moi qui écrit et qui réalise le montage. Si j’ai un conseil a donner, c’est surtout d’avoir un bon son. C’est le plus important car si les internautes n’entendent pas bien, ils n’iront pas au bout de la vidéo. Ensuite, il ne faut pas négliger la forme. J’ai des exemples de chaînes dont le contenu n’est pas terrible mais qui marchent car la musique, les effets, le montage sont chouettes. Il est assez facile de se former sur Internet car il y a beaucoup de tutos pour apprendre à cadrer, à monter… Ensuite, il faut être régulier. Au début, je postais tous les 15 jours maintenant c’est plutôt toutes les 3 semaines ou tous les mois car mes vidéos demandent un travail de recherche et j’ai aussi une thèse à préparer ! »

Il est difficile de vivre de sa chaîne

Le plus dur bien sûr reste à se faire connaître. Mieux vaut ne pas se lancer avec le seul but de devenir Norman ou EnjoyPhoenix. "C’est très difficile de vivre de sa chaîne aujourd’hui. La majorité des gens qui lancent une chaîne n’en feront rien si ce n’est se faire plaisir pendant un temps" affirme Manon. Tous ont leur page Facebook ou leur compte Twitter mais cela ne suffit pas. "L’algorythme de Twitter, ne propose jamais les petites chaînes en vidéos suggérées. C’est pourquoi, il faut oser contacter les Youtubeurs qui sont dans la même thématique que soi pour qu’ils partagent les vidéos. Bien sûr, il faut commencer par ceux à sa portée. Pas les stars qui font des millions de vues mais ceux qui ont 20 ou 30 000 abonnés. Ne les contactez pas en leur demandant directement de partager la vidéo mais plutôt demandez-leur leur avis et des conseils pour vous améliorer. S’ils aiment, ils partageront. C’est comme ça que l’on agrandit petit à petit sa communauté", conseille Manon.

Petit à petit, la chaîne m'offre des opportunités

Manon, bien sûr, aimerait en vivre. Elle commence déjà à travailler avec des musées qui la contactent. "Petit à petit, cette chaîne m’offre des opportunités. Ainsi, j’ai fait une série de vidéos avec le Grand Palais.  Ils m’ont proposé plusieurs sujets et m’ont laissé choisir ceux qui m’intéressaient. Bien sûr, je leur envoie les vidéos avant parution sur la chaîne. Je précise toujours dans la vidéo qu’elle a été sponsorisée par le musée. Cela serait malhonnête de ne pas dire. C’est de toute façon une obligation légale."



En savoir plus

Valérie François

Besoin de rencontrer un conseiller ?

Infos et conseils prés de chez vous dans tout le réseau Information Jeunesse...

Plus de 1 500 centres d'information Jeunesse vous accueillent à travers toute la France.