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Créer son entreprise dans l'e-commerce : Raodath, 25 ans, a développé l’appli mobile OptiMiam

Créer son entreprise dans l'e-commerce : Raodath, 25 ans, a développé l’appli mobile OptiMiam

Créer une entreprise ne lui fait pas peur. Raodath Aminou, 26 ans, a lancé OptiMiam, une application mobile anti-gaspillage alimentaire. Pour Cidj.com, la jeune entrepreneuse revient sur la création et le développement de son site d'e-commerce.

OptiMiam, la start-up de Raodath Aminou a raflé plusieurs prix : lauréat au GES en 2015, prix coup de cœur de la palme d’or du e-commerce en 2014… Parcours d'une entreprise innovante.

Créer une start-up dans le web

Diplôme d'ingénieur numérique en poche, Raodath commence à travailler comme business analyst. Mais l’envie de monter sa boîte lui fait de l'œil. "Je viens d’une famille de commerçants. Mes parents qui vivent au Bénin ont leur propre commerce. J’avais envie moi aussi de devenir mon propre patron."

Après 2 ans, Raodath démissionne, plaque sa routine confortable et son travail bien payé. "Je ne m’épanouissais plus dans mon travail. J’avais besoin de faire quelque chose qui me soit utile", confie-t-elle.

Pour la jeune femme au "background d'ingénieur", l'entreprise sera numérique ou ne sera pas. Déterminée, la jeune femme préfère retourne sur les bancs de l’école. "Je voulais une formation qui m’accompagne dans ma création d’entreprise et qui me délivre un diplôme, afin que je puisse retrouver du travail si jamais ma boîte ne marchait pas."

Elle intègre un master 2 en management de l'innovation et économie numérique à l’École polytechnique. Grâce aux admissions parallèles, l’entrée dans cette grande école prestigieuse, surnommée l’"X", est possible en dehors du parcours prépa et concours. 

Une appli mobile doit répondre à un problème du quotidien

"En décembre, quelques mois après la rentrée du master à Polytechnique, il a fallu choisir : soit je poursuivais mon master en parcours professionnel, en faisant un stage en entreprise dès le mois d’avril, soit je suivais le parcours entrepreneuriat, en me faisant encadrer et aider pour monter un projet."

Raodath, poussée par son désir d’entrepreneuriat, choisit la seconde option. Entre temps, une idée lui vient à l'esprit : créer une application mobile destinée à lutter contre le gaspillage alimentaire.

"J'ai eu cette idée pendant mes courses au supermarché. J'ai été interpellée par un traiteur qui soldait ses invendus du jour. Seuls les clients présents dans le magasin étaient au courant des offres. Je me suis dit qu'il fallait créer un moyen de mettre en relation en temps réel commerçants et consommateurs." Pour y arriver, le digital, domaine de prédilection de Raodath, s'impose comme la solution idéale. 

Compétences techniques, commerciales et marketing : pour monter sa boîte, il faut s'entourer des bonnes personnes

Son idée est retenue par le jury d'admission du master entrepreneuriat de l'"X", l’aventure commence ! S'ensuit test du projet en immersion réelle sur le marché, levée de fonds, mais aussi recherche d’associés.

"Pour réussir, il ne suffit pas d’avoir une super idée d'application en espérant que cela fasse le buzz, prévient la jeune femme. Il ne faut pas négliger les compétences commerciales que cela requiert." Sans oublier le côté technique : l'hébergement du site, par exemple.

Pour Raodath, il est nécessaire de mutualiser les compétences techniques, commerciales et marketing : trio gagnant pour créer sa boîte dans l'e-commerce. Ils sont maintenant trois associés, l'un s’occupe de la partie commerciale, l'autre de la partie technique, quant à Raodath, elle est responsable produit.

"Pour qu’une boîte d'e-commerce fonctionne, il faut savoir s’entourer des bonnes personnes", constate la jeune femme. C'est pourquoi OptiMiam n’hésite pas à agrandir son équipe en diversifiant les canaux de recrutements classiques. "Nous avons par exemple trouvé notre développeur, grâce au concours Adopte un CTO", explique-t-elle.

Non un site d’e-commerce n'implique pas forcément gestion des stocks et/ou paiement en ligne. Un site d'e-commerce peut prendre la forme d’une plateforme qui met en lien fournisseurs et internautes. C’est ce que l’on appelle les places de marché ou marketplace. Pour se rémunérer, les sites prélèvent généralement une commission sur les transactions ou, comme dans le cas d'OptiMiam, une inscription gratuite pour les consommateurs et payante pour les commerçants.

Création d'entreprise : Savoir se démarquer face à la concurrence à bout de clic

"Dans le cas d'OptiMiam, une place de marché virtuelle, où il n'y a ni stock de biens matériels ni vente en ligne, la création a nécessité relativement peu d'investissements de départ", confie la jeune femme. Mais attention, ce n'est pas facile et gratuit pour autant. "Les coûts en marketing, publicité et commercial restent les mêmes", explique Raodath.

Pour augmenter sa visibilité, l'entreprise de Raodath ne lésine pas sur la mise en place d'opérations de communication. La dernière en date ? "L’acquisition d’un triporteur électrique pour distribuer aux riverains gratuitement dans la rue les invendus, explique la jeune entrepreneuse. Pour y arriver, il nous fallait 6 000 €. On a donc monté l'été dernier un appel au crowdfunding sur KissKissBankBank qui a très bien fonctionné. On a même récolté plus que ce que l’on espérait grâce aux dons des 192 particuliers qui ont cru en notre projet."

Une fois la boîte créée, il faut se développer et réussir à exister parmi la concurrence. L'entreprise OptiMiam vient d'ailleurs de lever 600 000 € auprès de business angels*.

Et l'avenir, Raodath l'imagine comment ? "Aujourd’hui, on veut développer l’offre à Paris en couvrant plus d’arrondissements dans un premier temps, puis plus tard lancer des tests dans les grandes villes comme Lyon, Marseille ou Lille", conclut la jeune femme.

Si, comme Radodath, vous souhaitez reprendre des études pour créer votre boîte dans l'e-commerce, sachez qu’il existe de nombreux master entrepreneuriat à l'université, en école de commerce ou d'ingénieurs. Les écoles du Web ne sont pas en reste puisque "plus de 10 % des anciens étudiants d'école spécialisée dans le digital créent leur entreprise", lit-on sur le site de l'école HETIC. En passant par une formation à Polytechnique, Raodath a pu développer son réseau : elle a ainsi participé à un Startup Weekend, où elle a rencontré Alexandre Bellage son premier associé, puis intégré l’incubateur** d'HEC.

*Business angel : particulier qui investit dans le capital d'une jeune entreprise, qui l'accompagne et l'aide à se développer.
**Incubateur :
structure qui accueille et accompagne les projets de création d'entreprise.

Laura El Feky

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