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Des concerts au design sonore : être musicien aujourd'hui

Des concerts au design sonore : être musicien aujourd'hui
Fleur Offwood

Ils passent une bonne partie de leurs temps en répétition et sur scène mais pas que... À l’ère du numérique, les musiciens composent de plus en plus sur ordinateur. Pour parvenir à vivre de leur métier, ils doivent avoir plusieurs cordes à leur arc. Et s’armer de patience, de persévérance et de vigilance dans un milieu pas forcément tendre.

À moins d’être des stars, rares sont les musiciens qui vivent de leur métier en faisant uniquement des concerts. Pour parvenir à gagner leur vie, certains donnent des cours, d’autres travaillent comme techniciens son, d’autres sont serveurs…

Ceux qui parviennent à bénéficier du statut d'intermittent sont obligés de multiplier leurs activités.  « Une partie de mes cachets provient de concerts dans des festivals et des salles, de projets créatifs ou de résidences d'artistes avec d’autres musiciens, l’autre relève de projets plus "alimentaires" comme des bals ou des soirées pour des entreprises », résume Thomas Koenig, compositeur - interprète, saxophoniste et flutiste.

Pour parvenir à « avoir des dates », il ne faut pas hésiter à développer des contacts, à rencontrer d’autres musiciens, à évoluer dans plusieurs groupes, à démarcher et à laisser une bonne impression… « On est amené à jouer fréquemment en soirée, dans un cadre festif, où il y a de l'alcool. Si l’on boit, il ne faut pas que ça impacte le comportement ou la prestation, au risque de se faire mal voir. Il faut être sérieux tout en étant souple et conciliant : savoir accepter des conditions pas toujours évidentes et prendre sur soi. Les programmateurs et responsables de salle ont une mauvaise image des artistes colériques qui se comportent comme des stars », poursuit Thomas Koenig.

MAO et design sonore

Avec l’essor de la musique assistée par ordinateur (MAO), la maîtrise de logiciels professionnels tels que Protools, Cubase, Logic ou Ableton live est de plus en plus requise. « Le métier a beaucoup évolué ces dernières années. Aujourd’hui, la plupart des musiciens composent sur des logiciels et diffusent leurs créations sur Internet pour se faire connaître. Ils ont forcément dû s’adapter à ces changements », analyse Jean-Yves Boitard, directeur du département des intermittents du spectacle à l’Afdas, qui finance les formations professionnelles des artistes du spectacle.

Grâce au numérique, de plus en plus de musiciens ont accès à des outils pour diversifier leurs créations. Certains se tournent vers le design sonore et réalisent des musiques pour des publicités, documentaires, films, pièces de théâtre… « Je continue à faire des concerts mais je fais de plus en plus d’illustration sonore (pour des institutionnels, des livres audio, des salons, des contes pour enfants…). C’est une autre façon de travailler : on n'est pas sur scène, on est chez soi, sur son ordinateur, en train de composer. C’est moins exaltant mais c’est plus confortable, en particulier quand on a une vie de famille », souligne Fleur Offwood, auteur-compositeur-interprète et guitariste.

Un milieu concurrentiel 

Le design sonore est aussi souvent plus rémunérateur que la scène. Car si les salles de spectacle payent les musiciens sous forme de cachets, il en va tout autrement de nombreux bars des grandes villes, en particulier de la région parisienne qui souvent, ne déclarent pas les artistes et les payent au lance-pierre. « Il y a beaucoup de groupes de musique en particulier à Paris.
Les patrons de bars en profitent. C’est bien de faire des concerts, pour se faire plaisir et enrichir son CV mais il ne faut pas tout accepter. Il ne faut pas hésiter à dire non, à être ferme et intransigeant sur les tarifs », prévient Dafné Kritharas, chanteuse du groupe Over rose et du duo PAUL & DAFNE.

Comme dans le plupart des milieux où gravitent les artistes, le monde de la musique n’est pas tout rose : seule une poignée de "célébrités" évoluent dans un milieu protégé. Pour les autres, la concurrence est rude et certains producteurs ou managers en profitent. « Il ne faut pas être naïf, ne pas prendre pour argent comptant tout ce que les gens peuvent dire, toutes les promesses qu’ils peuvent faire. L’univers de la musique n’est pas tendre mais il n’est pas pire que d’autres milieux artistiques. Il faut être lucide, s’entourer de bonnes personnes, travailler et surtout prendre du plaisir », conclut Fleur Offwood. 

Isabelle Fagotat

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