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Se reconvertir dans l'enseignement, le témoignage de Fanny

Se reconvertir dans l'enseignement, le témoignage de Fanny
© Andrey Popov / Fotolia

Fanny, 32 ans, prof de maths stagiaire dans un collège de Haute-Savoie, était ingénieur dans une autre vie. Elle a choisi une reconversion professionnelle dans l’enseignement. Pour tout nous expliquer, elle a répondu à nos questions.

Pourquoi avoir choisi le métier de professeur ?

J’ai été pendant 10 ans ingénieur dans une grosse entreprise d’agro-alimentaire. J’ai adoré mon métier. mais je me suis aperçue au fil du temps que j’avais envie de donner un autre sens à ma vie.  Lorsque l’entreprise a fermé, j’ai quand même commencé à chercher dans mon secteur par facilité. Mais je sentais en passant les entretiens que la motivation n'était plus là.

L’idée d'enseigner me titillait depuis déjà un moment. J’avais eu l’occasion de former des équipes dans mon entreprise et cela m'avait plu. J’aime l’idée de transmettre, d’accompagner les jeunes dans leur apprentissage, d’être un maillon important de la chaine dans l’éducation des nouvelles générations.

Comment avez-vous préparé le concours ?

Ne sachant pas si je voulais être prof des écoles ou prof de maths, j’ai préparé les deux concours pendant 5 mois. Je me disais que si j’en ratais un, le destin choisirait pour moi. Je m’y suis mise seule en ressortant mes cours de prépa, en allant sur Internet, en lisant les annales. Finalement, j’ai obtenu les deux concours.

Pourquoi ce choix de l'enseignement en collège et lycée?

Le choix n’a pas été facile, mais j’ai finalement opté pour l’enseignement du second degré (collèges et lycées) pour plusieurs raisons.

D’abord, après réflexion, je me suis dit que je serais plus à l’aise avec des élèves plus âgés. Je craignais de ne pas être assez patiente avec les petits et que l’énervement accumulé dans la journée se répercute sur mes propres enfants.

Ensuite, il y a moins d’heures de cours. Cela ne veut pas dire moins de travail, mais plus de souplesse dans l’organisation des journées. Je peux travailler dans la salle des profs entre deux cours ou chez moi le soir.

Comment se passe la formation ?

Après le concours, j’ai intégré directement le M2 MEEF avec le statut d’enseignant stagiaire. Je suis 9h à l’école et 9h en formation théorique.

Dans cette formation, il y a des cours spécifiques aux maths. Nous travaillons sur les programmes et les points difficiles à faire comprendre aux élèves et comment y remédier. Il y a aussi des cours d’histoire des maths. C’est très intéressant de faire le parallèle entre les notions enseignées et leur apparition dans le temps.

Le reste est commun à toutes les disciplines. Il y a beaucoup de pédagogie et de pratique de l’enseignement. On travaille sur des questions telles l’évaluation des élèves, comment gérer les différents niveaux dans une classe, comment s’occuper d’un enfant en situation de handicap...

Comment se passe la partie sur le terrain ?

J’ai deux classes en responsabilité et je suis suivie par une tutrice. Je peux aller l’observer dans sa classe et lui poser toutes les questions que je veux. C’est utile de pouvoir aller voir comment elle anime sa classe, gère les conflits, réagit face à un élève difficile. Les collègues de l’école m’aident aussi. Et on échange beaucoup entre étudiants.

Qu’appréciez-vous le plus dans ce métier ?

J’aime le contact avec les élèves. Bien sûr, il y a des heures plus difficiles que d’autres. Mais quelle satisfaction quand on voit qu’on arrive à les intéresser. Tout particulièrement ceux en difficulté. J’ai peur de voir des élèves décrocher. Notre rôle est important et on sait bien que si on en laisse un sur le bord de la route, il n’arrivera pas à rattraper son retard.

Pensez-vous que votre expérience précédente est un plus ?

L'un des premiers avantages d’être une jeune prof de 32 ans, c’est que vous n’avez pas l’étiquette "stagiaire" auprès des élèves qui vous testent donc un peu moins. Il en va de même avec les parents qui ne sont pas toujours faciles avec les jeunes enseignants.

Mon expérience antérieure m’aide aussi à voir ce qui sera vraiment utile aux élèves dans le monde du travail. Ainsi, là où certains profs vont s’attacher à la méthode et avoir une approche très académique, je vais me concentrer plus sur le raisonnement.

J’ai aussi beaucoup plus de facilité que certains enseignants à faire travailler les élèves en groupe car c’est une pratique courante en entreprise. J’utilise aussi beaucoup les nouvelles technologies (logiciels de géométrie, par exemple). Ces techniques intéressent d'ailleurs les professeurs de l'établissement qui m'ont demandé de les aider à le mettre en œuvre dans leur classe.Ces échanges de connaissances et d'expériences sont riches pour chacun.


Bio express

2000 : bac S option math
2000-2002 : prépa BCPST (bio)
2002 : passe les concours d’école d’ingénieurs et intègre Agro Paris Tech
2005 : diplômée d’Agro Paris Tech. Stage dans une grande entreprise agro-alimentaire en Grande- Bretagne pendant 6 mois. Embauchée à l’issue du stage.
2010 : demande de mutation en Suisse pour suivre son mari.
2013 : délocalisation de l'entreprise en Allemagne. Refus de suivre qui conduit à un licenciement.
2014 : passe le concours de professeur des écoles et le Capes.
2015 : master 2 MEEF, enseignante stagiaire dans un collège de Haute-Savoie.

Valérie François

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