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Créer une entreprise dans l’économie sociale et solidaire : la marche à suivre

Créer une entreprise dans l’économie sociale et solidaire : la marche à suivre
Un exemple d'entreprise dans l'ESS : la Miecyclette, une boulangerie biologique lyonnaise qui propose des livraisons de pain à vélo.

Vous envisagez de créer une entreprise qui s’inscrira dans le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS) ? Pour concrétiser votre idée et la transformer en un projet viable, voici quelques pistes.

Restaurant bio, ressourcerie, éditeur d'applications en faveur des personnes handicapées, bureau d'études spécialisé dans le développement durable, conciergerie solidaire... Vous avez un projet innovant et socialement utile et n’avez qu’une hâte : le concrétiser. Mais entre le moment où germe l’idée et sa réalisation, plusieurs étapes sont incontournables.

Réaliser un dossier de présentation du projet 

Avant tout, couchez l’idée de votre projet sur le papier en vous posant un maximum de questions.
Qu'ai-je envie de proposer ? À qui ? Comment ? Pourquoi ? En écrivant ces idées, vous y verrez plus clair et certaines questions pourront apparaître. C’est aussi ce dossier écrit qui vous permettra de démarcher de potentiels partenaires (incubateurs, pépinières d’entreprises, organismes d’accompagnement, espaces de coworking ou financeurs).

Le secteur de l'ESS dispose de nombreuses structures pour faciliter la création d'entreprise, comme les Chambre régionales de l’économie sociale et solidaire (Cress), l'Union régionale des Sociétés coopératives et participatives (Scop), le Mouvement des entrepreneurs sociaux, France Active, France Initiative, le Réseau Entreprendre, l'APCE, Avise, etc.

Elles proposent généralement des conseils gratuits et leur soutien est un gage de crédibilité pour votre projet. « Une entreprise accompagnée a deux fois plus de chances de réussir qu’une structure qui ne l’est pas, précise Michel Rohart, directeur de l’Union régionale des Scop de Rhônes-Alpes. Notre incubateur, Alter’Incub aide les porteurs de projet à formaliser leur idée et à vérifier que leur modèle est viable. »

Aller sur le terrain

Pour que votre dossier soit précis et réaliste, il est primordial de confronter la théorie à la réalité du terrain. C’est en visitant les lieux où vous souhaitez vous implanter, en discutant avec les voisins, en étudiant les habitudes de la population, les potentiels de clientèle ou les activités concurrentielles que vous pourrez réaliser une étude de marché qui ne laissera rien au hasard.

N’hésitez pas également à aller à la rencontre de pairs qui pourront vous apporter leur témoignage et leurs conseils.
Comme son nom l’indique, le secteur de l’ESS repose sur des logiques de solidarité et de partage d’expérience. Profitez-en !

Rechercher des financements 

Subventions publiques, prêts bancaires, financement privé ou participatif, la recherche de financement se fait souvent à plusieurs niveaux et peut prendre un certain temps. Mais le fait d’être accompagné par une structure est souvent un plus.

«Lorsque nous investissons dans un projet, cela crée un effet de levier, explique Jean-Yves Angst, coprésident de la Fédération nationale des Cigales. Par exemple, si nous apportons 5 000 euros au capital, le porteur de projet peut espérer se voir accorder 10 000 euros de prêt supplémentaire par une banque. La Nef ou le Crédit Coopératif, qui sont orientés ESS, voient par exemple d’un bon œil un projet soutenu par un club Cigales. » 

Décrocher prêts et subventions

Passer par une structure d’accompagnement permet également de s’entraîner à présenter son projet en vue de réussir à décrocher un prêt, par exemple.
Pour être soutenu par un club Cigales, un candidat doit exposer son idée devant l’ensemble des membres du club. En participant à ce grand oral, il apprend à argumenter et à répondre à des questions auxquelles il ne s’attendait pas forcément.
Il met ainsi tous les atouts de son côté pour bien présenter son projet devant un conseiller bancaire ou la commission d’un organisme public.

Les subventions publiques peuvent également intervenir dans le financement d’un projet dans l’ESS. Qu’elles s’adressent à la création d’entreprise ou plus particulièrement à l’ESS, les collectivités territoriales (conseil régional, conseil général, mairies) proposent des bourses diverses. C’est le cas de la Bourse « Désir d’entreprendre » en Aquitaine-Limousin Poitou-Charentes ou de la « Bourse aux jeunes créateurs d’entreprise » dans le Finistère.

Choisir le statut juridique

Autre élément à définir : le statut juridique de la structure que vous souhaitez créer. Là aussi, les organismes d’accompagnement pourront vous expliquer les différents statuts et vous aider à choisir la structure qui conviendra le mieux à votre projet.

Associations, coopératives, sociétés commerciales à bénéfices limités, le propre d'une entreprise de l’ESS c’est qu’elle concilie activité économique et intérêt collectif et qu’elle repose sur des modes d’organisation et de fonctionnement démocratiques.

« L’autre spécificité de l'économie sociale et solidaire, c’est qu’il est possible de démarrer son activité en étant salarié d’une coopérative d’activités et d’emplois (CAE). C’est elle qui s’occupera de l’ensemble des tâches administratives. Cela permet de tester son activité tout en bénéficiant des avantages du statut de salarié », souligne Patricia Eon, directrice de la CRESS Midi-Pyrénées.

L'ESS en quelques chiffres

Selon l’observatoire du Conseil national des chambres régionales de l’économie sociales, l’ESS représente plus de 2,3 millions de salariés, soit 10,3 % de l’emploi en France.
Le secteur est majoritairement représenté par des associations (78,1 %), puis par des coopératives (13,2 %), des mutuelles (5,6%) et des fondations (3,1%).
La loi du 31 juillet 2014 sur l’économie sociale et solidaire permet également aux sociétés commerciales traditionnelles de type SA, SAS ou SARL d’être reconnues comme entreprises de l’ESS à condition qu’elles assurent une gouvernance participative, limitent leur lucrativité et poursuivent une utilité sociale

Isabelle Fagotat

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