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Le tirage au sort à l’entrée de l’université autorisé par une circulaire

Le tirage au sort à l’entrée de l’université autorisé par une circulaire
© ARTENS / Fotolia

Le texte, qui permet la mise en place, par les filières en tension, d’une sélection sur tirage au sort dès la première année d’études supérieures a provoqué une indignation chez les associations étudiantes.

Une circulaire autorisant le tirage au sort des étudiants dès l’entrée à l’université a été publiée jeudi 27 avril 2017 par le gouvernement. Cette forme de sélection pourra s’opérer dans le cadre des filières dites « en tension » c’est-à-dire celles où le nombre de candidats excède les capacités d’accueil des établissements. Il s’agit des filières Droit, Psycho, Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives) et de la Paces (première année commune aux études de santé).

La circulaire détaille les différents critères pris en compte au moment de la candidature des étudiants pour les filières en tension sur la plateforme APB (admission post-bac). Il s’agit de la priorité qu’ils ont donné à la formation selon le rang de leur vœu et leur situation personnelle (s’ils sont mariés, pacsés, …). Si, après avoir pris en compte ces critères, il reste des étudiants qui ont un même ordre de priorité, la circulaire précise qu’il sera « recouru à un tirage au sort entre ceux-ci ».

Un manque de dialogue inacceptable pour les associations étudiantes

D’après Jimmy Losfeld, président de la FAGE (fédération des associations générales étudiantes), cette circulaire « va à l’encontre de la démocratisation de l’enseignement supérieur que nous défendons ». Il déplore un problème de forme et de fond du texte. « D’abord on dénonce le manque de dialogue social » explique le président de la FAGE. Après avoir fait machine arrière dans sa volonté de promulguer un arrêté autorisant le tirage au sort des étudiants, « le gouvernement nous avait assuré qu’aucune décision ne serait prise sous ce quinquennat et finalement cette circulaire est publiée en catimini. On trouve ça scandaleux » s’insurge Jimmy Losfeld.

Un problème de fond aussi. « Cette circulaire acte la mise en place d’une sélection à l’entrée de l’université ce qui va à l’encontre de l’accès pour tous aux études supérieures. C’est une fausse solution face au nombre croissant de candidats et à l’échec massif en première année » indique Jimmy Losfeld. « On a un taux de réussite au baccalauréat très élevé et dans le même temps, un taux d’échec en première année élevé aussi. Pour nous la vraie solution serait une réforme du lycée, en renforçant par exemple l’orientation au lycée et en réformant le baccalauréat ».

« Le tirage au sort n’est pas une solution »

Même son de cloche du côté de l’UNEF (l’Union nationale des étudiants de France). « Le tirage au sort est pour nous inenvisageable car de plus en plus d’étudiants doivent pouvoir accéder aux études supérieures » explique Lara Bakech, responsable de la commission universitaire à l’UNEF. « Le tirage au sort n’est pas une solution. Il faudrait investir dans l’enseignement supérieur pour créer plus d’infrastructures, de bâtiments et pouvoir former plus d’enseignants ». Lara Bakech rappelle que « le livre blanc de l’enseignement supérieur et de la recherche publié en février 2017, propose un investissement d’un milliard d’euros par an pendant 10 ans pour répondre aux besoins ».

A l’UNEF on pointe aussi la date où intervient la publication de la circulaire. A quelques jours de l’élection du nouveau président de la République, le syndicat juge cet acte inutile. « Cet acte donne les clefs au prochain gouvernement pour mettre en place des conditions d’accès aux études supérieures encore plus dures » déplore Lara Bakech. Pour rappel, Emmanuel Macron propose la mise en place de prérequis à l’entrée de l’Université, là où Marine Lepen souhaite créer une sélection au mérite.

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